Ce vendredi 20 février, Fabrice Eboué débarque au Zénith de Toulouse avec « Solitudes », son spectacle le plus noir et le plus personnel. Loin du stand-up consensuel, l’humoriste dynamite les tabous — de l’éducation à la virilité — devant une salle comble. Ce maître de la provocation reste l’un des rares à transformer l’inconfort en triomphe populaire.
L’humoriste Fabrice Eboué investit la scène du Zénith de Toulouse vendredi 20 février avec son cinquième et nouveau spectacle « Solitudes ». La date affiche complet, pour ce nouveau seul-en-scène que certaines salles déconseillent aux moins de 15 ans. Depuis ses débuts au sein du Jamel Comedy Club dans les années 2000, Fabrice Eboué s’est construit sur un registre à contre-courant du stand-up empathique ou confessionnel.

Ses spectacles s’attaquent frontalement aux tensions contemporaines — identités, fractures sociales, hypocrisies collectives — en mobilisant une mécanique bien identifiée : partir des stéréotypes pour en exposer l’absurdité plutôt que pour les conforter. Argent, écrans, virilité, cocaïne, éducation… son humour corrosif n’épargne personne, il est même sa signature.
L’humoriste, qui faisait ses armes dans des salles plus intimistes, remplit désormais les Zéniths. Toulouse s’inscrit dans une vaste tournée nationale qui passe aussi par le Dôme de Marseille et le Grand Rex à Paris. Le succès massif n’a pourtant pas adouci le propos : « Solitudes » est présenté dans la continuité de ses précédents spectacles, où aucun tabou ne constitue un angle mort.
Ce contraste entre le fond et la forme — un humour de friction dans un écrin de divertissement grand public — constitue peut-être la véritable clé de sa popularité actuelle. Là où les grandes salles sont historiquement associées au consensus, Eboué y installe un rire qui repose sur l’inconfort. Avec « Solitudes », il prend la place qu’occupe encore le rire critique dans une époque qui tolère de moins en moins l’ambiguïté.






















