La conciliation de justice, une mission au service du bien public, anime Daniel Borry. Ce conciliateur bénévole à Toulouse résout des litiges variés avec succès. Une mission appréciée dont les demandes explosent.
« Et c’est une folie à nulle autre seconde, de vouloir se mêler à corriger le monde », écrit Molière dans le Misanthrope. Misanthrope, Daniel Borry ne l’est pas plus qu’il n’est fou. Pour autant, une partie de son quotidien est dévolue à corriger le monde. Depuis sa retraite, il est en effet conciliateur de justice bénévole, une des nombreuses aventures d’une existence consacrée au bien public.
Dans la salle des pas perdus du palais de justice de Toulouse, le conciliateur nous accueille avec le sourire. Teint bruni, fossettes creusées par un sourire dont en 75 ans il n’a pas su se débarrasser, l’homme dégage une certaine bonhomie. « Je voulais faire du droit, mais un mariage est passé par là », confie-t-il en agitant son alliance. Exit alors la carrière en droit, de l’État aux collectivités territoriales, Daniel consacre sa vie professionnelle au service de la cité. Après l’avoir repoussée le plus possible, l’heure de la retraite a fini par sonner : « Je voulais être actif et rendre service », indique-t-il.
Éviter les procès
C’est alors qu’il entrevoit la possibilité de devenir conciliateur. « J’ai été reçu par la vice-présidente de la cour d’appel et j’ai, ensuite, été formé par de futurs collègues », explique-t-il. Arrive enfin, la très cérémoniale prestation de serment. « Nous sommes auxiliaires de justice », précise Daniel.
« On est là pour aider les gens à gommer leurs oppositions, et le grand intérêt c’est que nous n’en avons pas. Mettre de l’huile dans les rouages, dans les litiges pour éviter un procès », sourit-il. Les litiges qu’un conciliateur traite sont très variés : du voisinage à l’entreprise en passant par la copropriété. Sur ce dernier point, l’utilité des conciliateurs est considérable : « On a environ 50 % de réussite », indique Daniel, avant de développer : « Cela fait gagner du temps et de l’argent à tout le monde : la justice et les parties et surtout cela crée de l’empathie réciproque ! »
Daniel raconte un souvenir de conciliation réussie : « Quatre membres d’une famille se disputaient sur le devenir d’une maison héritée, la veuve ne souhaitant pas la vendre. Mais, j’ai compris que ce qu’elle souhaitait surtout c’était ne pas la brader. Alors, j’ai proposé un accord pour que la maison ne soit pas vendue en dessous d’un certain prix et cela a fonctionné ! Deux mois après la maison était vendue. »
Daniel Borry loue aussi les qualités sociales de la conciliation. « À une époque où la société se fracture, cela peut participer à un mieux-être », pense-t-il. Les demandes de conciliation ont bondi ces dernières années. Il regrette de « ne pas pouvoir traiter les demandes aussi vite qu’avant. » En dix ans de service, ce délai de traitement est passé de deux semaines à cinq mois. Daniel Borry lance un appel : « Si vous avez au cœur l’envie d’aller à la découverte de l’autre, la conciliation est faite pour vous. Venez-nous rejoindre ! »
Comment contacter un conciliateur ?
De nombreux conciliateurs de justice exercent sur la juridiction de la cour d’appel de Toulouse. Leur objectif : rechercher une solution amiable et équitable entre les parties dans les litiges civils. Une quarantaine exerce à et autour de Toulouse.
On peut prendre rendez-vous dans différents lieux d’accueil, notamment les mairies ou les maisons de service.
Plus de renseignements sur www.cours-appel.justice.fr/toulouse/conciliateurs-de-justice et concilaiteurs.fr























