Un patient a pu pour la première fois bénéficier d’une greffe simultanée de rein et de cellules du pancréas grâce au don d’une personne décédée. Cette première en France a été réalisée au CHU de Toulouse.
Une première nationale vient d’être réalisée au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse. Un patient a pu bénéficier d’une greffe simultanée d’un rein et de cellules pancréatiques à partir du don d’un patient décédé. Le patient, qui souffre d’un diabète de type 1 et qui ne pouvait pas bénéficier d’une greffe combinée rein-pancréas en raison de contraintes vasculaires, a profité de l’alternative avec une greffe d’îlots de Langerhans. La greffe de ces cellules du pancréas doit permettre de protéger le rein transplanté d’une récidive de diabète. Dans sa communication, le CHU de Toulouse explique que le patient n’a plus besoin d’être dialysé et qu’il produit désormais lui-même une partie de son insuline, ce qui réduit ses injections et stabilise son taux de sucre dans le sang.

Six équipes et deux CHU
Cette double greffe est la première en France issue d’un donneur dit « Maastricht 3 », c’est-à-dire d’une personne décédée après un arrêt cardiaque à la suite d’une décision d’arrêt des traitements. Le geste est rendu complexe sur le plan médical et logistique. En effet, contrairement aux organes prélevés sur des donneurs en mort encéphalique, les organes d’un donneur « Maastricht 3 » sont privés de circulation sanguine un certain temps après le décès. Une coordination entre les différentes équipes intervenantes est nécessaire.
Dans le cas de ce patient, le pancréas prélevé a été envoyé au CHU de Montpellier. Là, une équipe spécialisée a préparé les îlots de Langerhans pour la future transplantation. Pendant ce temps, au CHU de Toulouse, les chirurgiens vasculaires et urologues ont réalisé la greffe rénale. Sous la coordination du Dr Laure Esposito, néphrologue, l’équipe de radiologie interventionnelle du Pr Fatima Mokrane, radiologue, a ensuite procédé à l’injection des îlots dans le foie du patient, sous surveillance de l’équipe de diabétologie du Pr Pierre Gourdy, endocrinologue, diabétologue.
« Permettre aux patients de ne plus être dialysés et ne plus être diabétiques est vraiment un émerveillement et une satisfaction quotidienne », a déclaré le Dr Laure Esposito, néphrologue à l’hôpital Rangueil.


















