La cryptomonnaie suscite la convoitise des groupes criminels. La SR de Toulouse vient d’interpeller le dernier membre présumé d’un commando qui avait séquestré, menacé et dépouillé une quinquagénaire, fin mars. Et peut-être même, écumé la région.
La dernière pièce du puzzle ? Mardi, un jeune de 17 ans a été appréhendé en Avignon (Vaucluse) par les gendarmes de la SR de Toulouse dans une affaire d’extorsion liée à la cryptomonnaie. Le quatrième membre d’une équipe soupçonnée d’avoir séquestré et dépouillé une Haut-Garonnaise, de près de 70 000 euros en bitcoins.
Un pactole d’un million d’euros pisté
Fin mars, vers 9 heures du matin, un homme se présente au portail de cette mère de famille de 57 ans, domiciliée à Pechabou, un village de 2 500 âmes situé au sud de Toulouse, dans le Lauragais. Il prétexte la livraison d’un colis. Trois complices encagoulés et armés surgissent alors.
« L’un des individus était porteur d’une arme longue », précise la JIRS de Bordeaux (Juridiction interrégionale spécialisée), qui supervise les investigations. La victime est ramenée à l’intérieur et ligotée. Les malfrats savent exactement ce qu’ils viennent chercher : un pactole d’un million d’euros en Bitcoins.
Séquestrée, menacée, dépouillée
En amont, des hackers ont en effet piraté un site servant à ses clients à déclarer leurs portefeuilles de cryptomonnaie. Le nom de la victime y figure, avec ses possibles actifs. Charge ensuite à une équipe de Marseillais, engagés pour l’occasion, de la contraindre à leur transférer ces fonds sous la menace et par la force si besoin.
Le tuyau n’était pas percé. Mais pas à jour. La quinquagénaire, affaiblie par la maladie, a récemment liquidé la majeure partie de son portefeuille. Elle transfère tout de même près de 70 000 euros sur le compte des braqueurs, qui s’enfuient avec des bijoux. Avant de rafaler la vitrine d’un kebab nîmois en redescendant dans le Sud. Très choquée, la victime alerte immédiatement les forces de l’ordre et dépose plainte.
« Il croyait participer à un simple cambriolage »
Un mois et demi plus tard, l’enquête menée par la SR de Toulouse aurait permis d’identifier et d’interpeller les quatre membres du commando. Déféré au parquet de Bordeaux ce jeudi, le mineur a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et vol avec arme, comme ses trois complices présumés avant lui, et placé en détention provisoire.
« Il ne faisait pas partie du plan initial. Il a remplacé un homme au pied levé et croyait participer à un simple cambriolage pour lequel on lui avait promis 15 000 euros », affirment ses avocats Mes Brice Zanin et Audrey Libert.
Un phénomène en plein essor
Selon le procureur de Bordeaux, Renaud Gaudeul, il s’agit là d’un des deux premiers dossiers « traités pas la JIRS portant sur des faits criminels visant des détenteurs, vrais ou supposés, de cryptomonnaies ».
« Ce phénomène, manifestement favorisé par la fuite de données numériques liées aux propriétaires de cryptomonnaies, est apparu en France il y a un peu plus de deux ans et ne cesse depuis, de se développer », résume le patron du parquet.















