Le Département des Hauts-de-Seine a posé ce mercredi 6 mai 2026 la première pierre de la Maison de l’Avenir à Nanterre. Ce projet inédit en France doit accueillir des adolescents confiés à l’Aide sociale à l’enfance dans un cadre pensé pour leur reconstruction, leur scolarité et leur avenir.
Le chantier de la Maison de l’Avenir vient officiellement de franchir une nouvelle étape à Nanterre. Le président du Département des Hauts-de-Seine Georges Siffredi a posé ce mercredi 6 mai 2026 la première pierre du futur bâtiment principal du site. L’équipement doit ouvrir à l’horizon 2027 et accueillera des adolescents suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le projet représente un investissement de près de 9,2 millions d’euros pour le Département des Hauts-de-Seine. À terme, l’établissement comptera trois pavillons d’hébergement, un centre d’accueil et plusieurs espaces d’accompagnement éducatif, scolaire et médico-psychologique.
Un lieu pensé pour des adolescents en difficulté
La Maison de l’Avenir accueillera des jeunes âgés de 12 à 18 ans faisant l’objet de mesures de placement judiciaire ou d’aide éducative. Le site doit proposer 24 places en internat ainsi qu’une quarantaine de places en accueil de jour. L’objectif affiché par le Département est de créer un environnement plus stable et plus rassurant pour des adolescents souvent marqués par des parcours de vie difficiles. Dans son communiqué, la collectivité explique vouloir « donner une chance à chaque enfant et innover pour mieux protéger ». Le futur établissement reposera sur un accompagnement global mêlant soutien scolaire, suivi éducatif, activités sportives, culturelles et prise en charge thérapeutique.
Un projet conçu avec le pédopsychiatre Marcel Rufo
La Maison de l’Avenir a été imaginée avec l’appui scientifique du pédopsychiatre Marcel Rufo. Le projet veut proposer une approche encore rare en France dans le domaine de la protection de l’enfance. Le futur site réunira ainsi des éducateurs, psychologues, soignants et enseignants autour d’un même accompagnement individualisé. Selon le Département, près de 40 % des jeunes entrant dans un parcours d’Aide sociale à l’enfance présentent des troubles psychiques. L’objectif est donc d’éviter les ruptures de parcours tout en redonnant un cadre structurant aux adolescents accueillis. « Il est de notre devoir de tout mettre en œuvre pour leur donner les mêmes chances de réussite que chaque enfant alto-séquanais », a déclaré Georges Siffredi lors de la pose de la première pierre.
Une architecture pensée “comme à la maison”
Le futur établissement veut aussi rompre avec l’image traditionnelle des structures collectives de protection de l’enfance. Les architectes du groupement Tolila+Gilliland ont imaginé plusieurs petits bâtiments à taille humaine avec des matériaux naturels et des espaces végétalisés. Le projet prévoit notamment des façades en bois, des toitures végétalisées et un système de récupération des eaux de pluie. L’architecte Gaston Tolila explique avoir voulu créer « une architecture à la fois contenante et rassurante ». Le site conservera également certains éléments existants du quartier afin de maintenir une continuité avec l’environnement pavillonnaire de Nanterre.
Un pavillon déjà testé depuis 2024
Avant même la construction définitive, un pavillon de préfiguration a ouvert ses portes en septembre 2024 à proximité du futur site. Cette première structure accueille déjà plusieurs adolescents suivis par l’ASE. Selon le Département, les premiers résultats sont jugés encourageants. Certains jeunes ont obtenu leur brevet avec mention tandis que d’autres ont pu effectuer des stages professionnels dans différents secteurs : architecture, couture, justice ou encore informatique. Des activités culturelles et sportives ont également été mises en place avec différents partenaires locaux, comme des stages d’équitation, des sorties culturelles ou des événements sportifs avec le club Nanterre 92. Le Département explique vouloir permettre à ces adolescents de vivre « comme n’importe quel jeune de leur âge ».
Plus de 248 millions d’euros consacrés à la protection de l’enfance
Malgré un contexte budgétaire présenté comme tendu, le Département des Hauts-de-Seine affirme maintenir un investissement important dans la protection de l’enfance. En 2026, près de 248,3 millions d’euros sont consacrés à cette politique publique. Au total, plus de 6 000 enfants sont actuellement accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance dans le département. Depuis 2022, plus de 500 places supplémentaires ont également été créées selon les chiffres communiqués par la collectivité. Avec la Maison de l’Avenir, le Département espère désormais proposer un modèle d’accompagnement plus personnalisé pour certains adolescents parmi les plus fragiles.













