Malgré un bénéfice record de plus de cinq milliards d’euros l’an dernier, la prime de participation des salariés d’Airbus a chuté de 54 % en moyenne. Les syndicats ne décolèrent pas, menacent de faire grève et demandent une prime complémentaire. Explications.
La menace d’une grève plane au-dessus des usines d’Airbus. Au cœur du mécontentement : le montant de la prime de participation, qui est jugé trop faible au regard des profits records enregistrés.
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Alors que le groupe a réalisé un bénéfice net de 5,2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 23 % par rapport à l’exercice précédent, la direction a en effet annoncé qu’elle allait verser aux salariés cette année une prime de 2 057 € en moyenne*, en baisse de 54 % par rapport à l’an dernier. Cette variation s’explique, selon Airbus, par « un taux de change euro/dollar défavorable ». Une explication qui ne suffit pas à calmer les principaux syndicats de l’avionneur.
Montant moyen des primes de participation d’Airbus en France
- 2023 : 3 001€
- 2024 : 4 473€
- 2025 : 2 057€
Une prime exceptionnelle à venir
Depuis l’annonce du montant de la prime, des débrayages spontanés ont eu lieu au sein de plusieurs usines d’Airbus, notamment à Toulouse, Nantes et Méaulte. Lundi 18 mai, lors de la première réunion de négociation sur l’accord de groupe en France relatif à la participation pour les prochaines années, l’entente FO, CFE-CGC, CFTC a demandé à la direction de prendre deux mesures principales. La première concerne la « mise en place d’un mécanisme de neutralisation de la parité euro/dollar ». La deuxième consiste en une « prime complémentaire ».
La direction a entendu les revendications. « Après plusieurs jours de fortes tensions et d’incompréhension, une chose apparaît aujourd’hui clairement, le dialogue social semble enfin trouver toute sa place », se félicite l’entente syndicale. La direction a en effet indiqué qu’elle allait réfléchir à un possible mécanisme de neutralisation de cette parité euro/dollar pour les futures primes de participation. Elle s’est aussi engagée à faire un effort financier supplémentaire pour cette année. « Compte tenu des circonstances exceptionnelles affectant le pouvoir d’achat de nos employés, nous avons décidé de verser une prime exceptionnelle à l’ensemble du personnel du groupe », a-t-elle indiqué.
Reste maintenant à savoir si son montant, qui sera annoncé le 27 mai prochain lors de la deuxième réunion de négociation avec les partenaires sociaux, conviendra aux salariés. Dans la négative, un mouvement de grève sur les sites industriels du constructeur aéronautique en France est à craindre.













