Sur un parking, Ibrahim Benhadou coupe le moteur de sa Peugeot 307 et s’apprête à passer une nouvelle nuit blanche… Après une séparation et plusieurs mois de démarches restées sans réponse, le livreur dort dans sa voiture depuis la fin du mois de mars à Blagnac (Haute-Garonne). Ce père de trois enfants, en intérim, dit craindre aujourd’hui de perdre le lien avec eux, faute de pouvoir les accueillir dignement. Privé de toit après un jugement, il s’apprête pourtant à commettre l’impensable pour ne pas perdre définitivement la garde.
C’est un homme « à bout » qui est venu raconter son histoire pour tenter de trouver de l’aide. « Je n’ai plus de solution. Ça fait huit mois que je fais des démarches. Je veux qu’on m’entende. Ce n’est pas contre la ville, mais j’ai besoin d’aide. Je me bats pour mes enfants. C’est un appel au secours. »

Après une séparation difficile et plusieurs mois de cohabitation, Ibrahim Benhadou est contraint par le juge de quitter le domicile familial situé à Blagnac. Fin mars, du jour au lendemain, le père de trois enfants âgés de trois à huit ans se retrouve à la rue, contraint de dormir dans sa Peugeot 307. Depuis, toutes ses demandes de logement social sont restées sans réponse.
« Je pensais que ça allait se débloquer. Une assistante sociale m’a orienté, j’ai fait toutes les démarches possibles. Mais ça fait des mois que j’attends. Le 115 me dit qu’il n’y a pas de place. Aujourd’hui, je vis dans ma voiture. »
« J’ai honte de demander »
Bien sûr, Ibrahim serait preneur d’un logement dans le privé, mais en intérim et sans garant, il estime ses chances très faibles.
Une fois sa journée de travail comme livreur terminée, Ibrahim se rend à la piscine pour pouvoir se laver. Il voit parfois des amis, mange sur le pouce avant de passer de courtes nuits dans son véhicule stationné à La Ramée, toujours attentif au moindre bruit. Des proches l’aident ponctuellement à laver quelques vêtements ou à le dépanner financièrement.
« Ce n’est pas facile, j’ai honte de demander. Tout devient compliqué : l’essence, la nourriture, la lessive… Même travailler devient un défi. » Mais ce qui préoccupe surtout Ibrahim, ce sont ses enfants. Ses trois enfants, qu’il affirme ne pas avoir vus depuis deux mois.
« Mes enfants m’ont dit qu’ils étaient d’accord pour vivre dans ma voiture »
« Ils ne comprennent pas pourquoi je ne peux pas les accueillir. Ils me demandent si je mange, si je vais bien. Un jour, ils m’ont dit qu’ils étaient prêts à venir vivre avec moi dans la voiture. Ça fait très mal. Ils m’envoient des dessins avec des cœurs… On est en train de perdre le lien. »
Le conflit avec son ex-compagne accentue encore les difficultés. « Leur mère refuse souvent les contacts. Même au téléphone, c’est difficile. Et sans logement, je risque de perdre la garde alternée. C’est un cercle vicieux : je ne peux pas les accueillir, donc on peut me reprocher de ne pas exercer mon droit de visite. »
Ibrahim ne demande « pas grand-chose ». « Juste un T2 ou un T3 pour pouvoir accueillir mes trois enfants dignement. Manger ensemble, dormir sous le même toit, c’est tout. »
Un rendez-vous avec un élu de Blagnac
« Ce monsieur est accompagné par les services sociaux pour sa demande mais, faute de logement social disponible sur la commune, celle-ci n’a pas trouvé d’issue favorable », a indiqué la mairie de Blagnac.
« Toutefois, les services de la Ville restent mobilisés à ses côtés et un rendez-vous lui est proposé ce jour avec l’élue déléguée au logement social afin de l’entendre et de le tenir informé sur les démarches entreprises dans sa situation. »














