Victime d’une confusion d’identité lors d’une croisière avec un trafiquant de drogue malgré ses protestations, Amir, un Toulousain de 44 ans, a engagé un bras de fer avec le voyagiste après ce voyage qui a viré au cauchemar. Selon son avocat, l’homonymie entre les deux hommes n’était pas parfaite et des éléments dans son identité auraient pu éviter cette erreur.
Parti en croisière en Méditerranée avec sa femme, leurs trois jeunes enfants et plusieurs membres de sa famille, Amir, 44 ans, a vécu un véritable cauchemar le 5 mars dernier. Confondu avec un Franco-Tunisien recherché pour trafic de stupéfiants, il est interpellé par les autorités italiennes lors d’une escale à Palerme, en Sicile. Malgré ses protestations et la présentation de ses papiers d’identité, sa cabine est inspectée de fond en comble et il doit se soumettre à une fouille corporelle particulièrement intrusive.
Menotté et escorté sous les yeux de centaines de passagers, il est conduit au commissariat du port. Placé en garde à vue et menacé de 18 mois de prison ainsi que de 1 800 euros d’amende, il vit sept heures d’angoisse avant d’être finalement disculpé grâce à ses empreintes digitales.
Déterminé à obtenir réparation
Très éprouvé par cette mésaventure, qui a aggravé ses troubles narcoleptiques au point de nécessiter une hospitalisation à son retour en France, Amir avait sollicité, début avril, le remboursement intégral de son voyage auprès du transporteur Costa Croisières et du voyagiste Cruiseline. Il réclamait, en outre, une indemnisation pour les membres de sa famille, ce drame ayant eu de lourdes répercussions sur son entourage. Son beau-père, victime d’un malaise cardiaque après les faits, avait en effet quitté le navire en fauteuil roulant avant d’être hospitalisé en cardiologie à son arrivée à Toulouse.
À ce jour, Cruiseline n’a apporté aucune réponse à sa réclamation. Quant à Costa Croisières, dans un courrier daté du 8 avril, il rejetait toute responsabilité, arguant que l’équipage avait simplement obéi aux autorités italiennes et que, d’autre part, la prestation avait été partiellement réalisée. Face à cette situation, Amir a saisi le cabinet d’avocats toulousain Monferran et Associés, qui a décidé d’engager la responsabilité du voyagiste.
Selon Me Monferran, ce dernier disposait de tous les éléments d’identité d’Amir et n’a pas pris les dispositions nécessaires permettant d’éviter toute confusion. « D’après les informations que j’ai obtenues, l’homonymie n’était pas parfaite. La photographie, la date et le lieu de naissance ainsi que la nationalité étaient différents », affirme l’avocat. En revanche, il considère qu’aucun recours n’est envisageable contre les autorités italiennes, celles-ci s’étant contentées d’agir sur la base des informations transmises. Confiant, l’avocat estime qu’une proposition de dédommagement devrait intervenir avant toute procédure judiciaire.













