Jean-Luc Moudenc, qui défend son bilan en matière de transition écologique, vient de dévoiler ses priorités en la matière pour le prochain mandat à Toulouse. Le maire sortant promet désormais 200 000 arbres et 100% de cours oasis pour adapter la ville au dérèglement climatique.
« Je n’apprends rien à personne en disant que le dérèglement climatique est là, que, malheureusement, ça ne va pas s’arranger, et que Toulouse est exposée. À partir de là, il faut adapter la ville, la métropole, il faut rafraîchir, lutter contre les îlots de chaleur en les résorbant progressivement et, en contrepartie, en créer de fraîcheur », estime Jean-Luc Moudenc qui se targue d’un « bilan considérable » en matière de transition écologique. « Il est supérieur aux engagements que nous avions pris devant les Toulousains en 2020 », relève le maire sortant et candidat à sa réélection. Il rappelle ainsi avoir annoncé, dès le soir de sa victoire, « qu’il irait au-delà » de ce qu’il avait initialement prévu, après avoir « entendu les demandes très fortes des Toulousains à ce sujet pendant la campagne ». « Quitte à m’inspirer, ici ou là, de quelques propositions de nos opposants », avoue le chef de file de “Protégeons l’avenir” qui affirme « avoir fait comme aucune municipalité Toulousaine avant et, en particulier, beaucoup plus que celle Cohen-Briançon-Godec ». Mais avec, toujours en ligne de mire, une « écologie pragmatique ».
Ce que Jean-Luc Moudenc a déjà mis en place face au dérèglement climatique
Le maire sortant cite ainsi le plan 100 000 arbres, annoncé par la Ville de Toulouse en 2019, avec pour objectif d’en planter autant sur la période 2020-2030. « À la vérité, il est déjà réalisé. Nous avons donc accéléré et avons planté 110 000 arbres à ce jour », précise Jean-Luc Moudenc. Selon lui, l’effort pour intégrer davantage de nature en ville «a été sans précédent ». Outre la plantation d’arbres, il évoque ainsi le déploiement « d’initiatives diverses et variées » comme l’opération “Des fleurs sur mon mur”, mais aussi l’accroissement du nombre de jardins partagés, passé de 7 en 2014 à 30 aujourd’hui, et la création de 47 squares et jardins sur le dernier mandat. « Nous avons augmenté la superficie d’espaces verts de 85 hectares lors du premier. Nous avons poursuivi cet effort et en avons ajouté 78. C’est-à-dire que, si on considère la période des deux mandats, nous avons créé 164 hectares supplémentaires d’espaces verts dans Toulouse », fait savoir l’édile. Dans le même temps, 23 hectares ont été débitumés et 70 rues et places ont été dégoudronnées « pour que l’infiltration naturelle puisse s’effectuer ».
Pour adapter la ville, l’équipe sortante a aussi imaginé le plan “Toulouse + fraîche” avec l’objectif d’en faire un territoire plus résilient aux vagues de chaleur. Celui-ci comprend, notamment, toute une série de mesures spécifiques lors des mois d’été avec l’installation d’ombrières, et durant les épisodes de canicule avec l’extension des horaires d’ouverture de certains lieux publics comme les parcs et musées, la mise en place de l’entrée des piscines à 1 euro ou encore d’un ticket planète sur le réseau Tisséo. Pour les plus fragiles, « c’est-à-dire les plus petits et les plus âgés », la Municipalité a, par ailleurs, « entamé la rénovation énergétique des bâtiments publics, en commençant par les écoles et les crèches », mais aussi les EHPAD. Elle a également équipé les 1500 classes d’écoles maternelles et élémentaires de brasseurs d’air, transformé 120 cours en cours oasis dans les 213 écoles de Toulouse et débitumé et végétalisé 70% des cours de crèche. Quant aux plus modestes, des aides à la transition leur sont proposées, notamment la prime à l’installation de panneaux solaires ou la prime vélo.
D’ailleurs, Jean-Luc Moudenc souligne que son équipe et lui ont mobilisé 265 millions d’euros pour développer le réseau cyclable, « ce qui a permis de réaliser la moitié du Réseau express vélo ». Il met aussi en avant la ligne C, qui enlèvera « 90 000 véhicules de la circulation automobile chaque jour, c’est-à-dire 250 000 kilomètres de trajet polluant évité et 28 700 tonnes de gaz à effet de serre sur un an en moins », Téléo qui est « 30 fois moins polluant qu’une voiture ». Enfin, le chef de file de “Protégeons l’avenir” révèle que Toulouse « fait partie des grandes villes qui sont les plus en avance pour le renouvellement des modes de l’éclairage public ». « À l’heure où je vous parle, on est à 93% de LED. Nous serons à 100% d’ici la fin de l’année 2026 », prévoit l’édile sortant. La ville rose est également dotée de la plus grande centrale photovoltaïque urbaine de France ; celle de l’Oncopole. Concernant les énergies renouvelables, il indique que la production sur Toulouse Métropole a augmenté de 70% entre 2014 et 2026.
Passer à un plan 200 000 arbres et à 100% de cours oasis
Pour le mandat à venir, le maire sortant a « une ambition plus forte ». Sa première proposition : passer à un plan 200 000 arbres. Un « objectif double », donc, qui s’accompagnera de la création de nouveaux squares et parcs. Jean-Luc Moudenc projette aussi de développer encore les ombrières et d’aller vers 100% de cours oasis « d’ici la fin du prochain mandat ». Pour ce qui est de la rénovation énergétique des bâtiments publics, il compte « réfléchir à un plan d’économie d’eau ». « L’idée est de mettre des économiseurs d’eau dans tous les bâtiments publics et de systématiser la récupération des eaux de pluie », informe l’élu. “Protégeons l’avenir” ambitionne aussi « de multiplier par deux » la production d’énergie solaire locale, à travers, entre autres, la création d’une ombrière photovoltaïque au Zénith. « En somme, nous avons beaucoup de volontarisme, du pragmatisme et une préoccupation sociale permanente en matière de transition écologique. Et ce, avec la volonté d’inciter et d’épauler plutôt que de forcer et d’obliger les gens », conclut le maire sortant qui refuse de se définir comme écologiste, mais considère que « l’urgence climatique n’a pas de couleur politique ».





















