Depuis ce lundi 18 mai, les urgences de Castelsarrasin-Moissac sont fermées. En cause ? Le manque de soignants et la fatigue chronique du personnel.
C’est une nouvelle semaine compliquée qui s’achève aux urgences du centre hospitalier intercommunal de Castelsarrasin-Moissac (CHI), fermées depuis le lundi 18 mai (jusqu’au 22 mai inclus), faute de médecins urgentistes disponibles. C’est la première fois que la fermeture dure aussi longtemps. « Cela arrive que le service soit fermé une journée ou deux, mais jamais une semaine », explique Yannick Petitou, vice-président du Comité de défense et ancien employé du CHI.
Des postes jamais pourvus
Selon lui, l’un des problèmes est le fonctionnement en fédération du CHI Castelsarrasin-Moissac avec les urgences de Montauban. Cela implique que le personnel réalise des missions dans les deux services. Lors de la création de la fédération, en 2000, il était prévu que 31 soignants tournent sur les deux services. Or, aujourd’hui, ils ne sont que 16 à pouvoir le faire, dont plusieurs sont en arrêt maternité ou maladie.
Yannick Petitou va même plus loin : « Les 31 postes en question n’ont jamais été pourvus. » Ce manque d’effectif complique l’élaboration d’un calendrier médical clair, à la fois pour le personnel mais aussi pour les malades. Ces derniers sont en effet obligés de se rendre aux urgences à Montauban, à près de 30 kilomètres. De plus, quand le seul médecin d’urgence de Castelsarrasin-Moissac part en intervention de SMUR, le service se retrouve sans référent médical.
La crainte d’un cercle vicieux
Le déficit de personnel entraîne un fonctionnement des urgences précaire. « Le système tient grâce à la bonne volonté des médecins, qui finissent par s’épuiser », reconnaît Yannick Petitou. Ces conditions de travail difficiles empêchent d’offrir aux patients des soins de qualité. Et la situation inquiète le Comité de défense et ancien employé du CHI. « Nous avons peur d’un cercle vicieux. Peur que les médecins présents ne veuillent plus travailler dans ces conditions, et que ceux qui les connaissent soient réticents à se mettre « dans cette galère ».
Pour lui, « c’est un problème beaucoup plus large », qui ne touche pas que le Tarn-et-Garonne. À cause de ces conditions de travail, demandant aux médecins de travailler de 8h à 20h chaque jour, le métier devient peu attractif et les postulants plus rares. Une situation qui engendrerait des fermetures des urgences beaucoup plus fréquentes.
« Régler le problème »
Face à la situation critique aux urgences du CHI Castelsarrasin-Moissac, le Comité de défense alerte. « Nous ne pouvons pas laisser la population sans médecin urgentiste ». Ainsi, il demande des mesures concrètes comme la réquisition de médecins afin que des généralistes, par exemple, viennent pallier le manque. Jacques Cabrières, directeur de l’hôpital depuis 2014, affirme chercher des solutions avec l’ARS Occitanie. « Nous essayons de voir si d’autres établissements peuvent aider, nous cherchons des remplaçants mais ce n’est pas toujours facile. »
L’objectif du directeur : « Faire en sorte que le service fonctionne de manière régulière, et régler le problème d’ici cet été ». Il précise que les urgences du CHI Castelsarrasin-Moissac rouvriront dès ce samedi 23 mai, avec le début des fêtes de Pentecôte, souvent synonymes d’une plus grande affluence dans le service.
Juliette PAPET













