À Lisle-sur-Tarn, le Département expérimente une nouvelle méthode de rénovation des routes : recycler directement sur place les matériaux de la chaussée existante pour en créer une nouvelle. Ce chantier inédit en France par son importance ( 9 300 m² traités) doit permettre d’évaluer une solution plus économique et moins impactante pour l’entretien des infrastructures routières.
À Lisle-sur-Tarn, une portion de la RD 988 fait actuellement l’objet d’une expérimentation peu commune. Le Département du Tarn y teste une nouvelle méthode de rénovation des chaussées consistant à recycler sur place les matériaux déjà présents dans la route. Avec près de 9 300 m² traités, ce chantier constitue, selon la collectivité, « le plus important chantier français de recyclage de couche de roulement ».
L’objectif de cette expérimentation est de vérifier si une route peut être reconstruite à partir de ses propres matériaux. Une approche qui s’éloigne des techniques traditionnelles, généralement basées sur l’enlèvement de l’ancienne chaussée, son évacuation puis l’apport de nouveaux composants.
Sur le chantier tarnais, les matériaux existants sont directement retraités avant d’être réintégrés dans la nouvelle structure routière. Une méthode qui doit permettre de réduire les transports liés aux travaux, mais aussi de limiter l’utilisation de ressources naturelles et la production de déchets.
Une nouvelle méthode testée sur plusieurs milliers de mètres carrés
Pour mener cette opération, le Département s’appuie sur la technologie RECYCOL, développée par l’entreprise COLAS. Le procédé consiste à donner une seconde utilisation à la couche de roulement déjà en place, afin de fabriquer une nouvelle surface de circulation sans repartir de zéro.
Au-delà de la phase de travaux, l’enjeu sera surtout d’observer le comportement de cette chaussée dans le temps. La collectivité a prévu de conserver des zones réalisées selon une méthode plus classique avec des enrobés à chaud. Ces secteurs permettront d’établir une comparaison entre les deux techniques et d’évaluer les performances réelles du recyclage en place.
Cette expérimentation représente un investissement d’environ 430 000 euros. D’après les premières estimations communiquées par le Conseil départemental du Tarn, la solution testée pourrait permettre de réduire les coûts d’environ 100 000 euros par rapport à une rénovation conventionnelle. « Cette expérimentation illustre notre volonté de préparer les infrastructures de demain. Cette première d’envergure pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de routes plus durables, plus sobres et plus économiques pour les collectivités françaises », souligne Christophe Ramond, président du Conseil départemental du Tarn.
Le Tarn veut mesurer les résultats avant un éventuel déploiement
Si cette technique confirme ses performances, elle pourrait à l’avenir être envisagée pour d’autres opérations d’entretien du réseau routier. Le Département estime notamment que ce type de procédé pourrait permettre d’optimiser une partie des futurs programmes de rénovation des chaussées.
L’expérimentation doit également apporter des réponses sur la durabilité de la solution et sa capacité à répondre aux contraintes quotidiennes d’une route départementale. Car au-delà de l’aspect environnemental, la priorité reste de garantir une chaussée capable de supporter durablement la circulation.



















