Vingt-cinq ans après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, l’ancien site industriel a profondément changé. La création de l’Oncopole, notamment portée par les Laboratoires Pierre Fabre, a permis de transformer ce lieu meurtri en un pôle majeur de recherche et de soins contre le cancer.
C’est un jour qui restera à jamais gravé dans la mémoire des Toulousains. Des Toulousains qui sont nombreux à se rappeler précisément ce qu’ils faisaient le 21 septembre 2001, à 10h17. C’était il y a 25 ans et c’est à ce moment-là que l’usine AZF a explosé. Un accident industriel qui fait 31 morts, plus de 2 500 blessés graves, près de 8 000 blessés légers et des milliers de personnes impactées sur le plan psychique.
Redonner vie à un site meurtri
La déflagration a creusé un immense cratère. Le site a été défiguré. Mais il a fini par reprendre vie, quelques centaines de mètres plus loin, notamment grâce à un projet de pôle de recherche et de soins contre le cancer qui s’est monté autour d’acteurs publics et privés comme les Laboratoires Pierre Fabre. Le groupe tarnais a construit un centre de recherche et développement pharmaceutique. Un bâtiment à l’architecture futuriste qui a marqué le début de la métamorphose du site d’AZF.Le centre a ouvert en 2011. Il fait partie du Campus Santé du Futur-Oncopole, un campus médical et scientifique qui réunit des équipes de recherche (notamment du CNRS), des équipes hospitalières, des laboratoires pharmaceutiques et des société de biotechnologies. Au fil des années, des partenariats se sont noués entre l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse (IUCT), le Centre de Recherche contre le Cancer de Toulouse (CRCT) et les chercheurs des Laboratoires Pierre Fabre.
Eric Ducournau, directeur général des Laboratoires Pierre Fabre, travaillait déjà pour le groupe au moment de l’explosion d’AZF. Il a suivi de près l’installation du centre de recherche à proximité du lieu de la catastrophe : « À l’époque de l’explosion, Philippe Douste-Blazy, le maire de Toulouse, était aussi ministre de la Santé. Et Monsieur Pierre Fabre le connaissait très bien. Ils ont tous les deux réfléchi à ce qui pourrait être fait pour réhabiliter ce site. Et l’idée qu’ils ont a été de se dire ‘On pourrait recréer un site de vie pour remplacer un site où il y a eu la mort.’ Ils ont pensé à un site où on pourrait soigner des gens et sont arrivés à l’idée d’un site de lutte contre le cancer. C’est comme ça que le projet est né. »
Un pôle de référence dans la lutte contre le cancer
Eric Ducournau a été rapidement associé au projet aux côtés, notamment, de la mairie de Toulouse et d’autres acteurs institutionnels : « En y repensant, ce que je trouve assez incroyable, c’est qu’ils nous ont dit de faire feu de tout bois. Un groupe de travail a été constitué, j’ai eu la chance d’en faire partie. Et la feuille de route qu’on avait disait, en substance : ‘Soyez hyper créatifs, mettez tout ce que vous pouvez pour doper la recherche en cancérologie.’ Nous avons donc mobilisé des organismes de recherche publics, on a voulu s’assurer que les chercheurs puissent faire financer leur projet. Tout est parti de là. En 2014, l’hôpital a ouvert et, à peine douze ans après, c’est déjà le deuxième centre d’investigation clinique en phase 1 d’Europe, alors que tous ses concurrents existent depuis plus de 40 ans. C’est une vraie réussite. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












