Depuis le 1er mai, le moustique tigre est officiellement entré dans sa saison active. En Haute-Garonne comme dans tout le reste de l’Occitanie, les autorités sanitaires ont enclenché leur dispositif de surveillance renforcée, qui restera en vigueur jusqu’au 30 novembre. Un rendez-vous annuel qui, cette année encore, s’accompagne d’un contexte sanitaire préoccupant à l’échelle internationale.
Une saison 2026 qui démarre sous surveillance
Le démarrage de cette nouvelle saison intervient dans un contexte particulier. En ce début 2026, le chikungunya circule activement à Mayotte, où près de 1 000 cas ont été recensés depuis janvier. En Martinique, la dengue s’intensifie. En Guyane, le chikungunya touche également plusieurs centaines de personnes. Ces chiffres ne sont pas anodins pour la Haute-Garonne : chaque voyageur de retour d’une zone à risque peut, s’il est piqué par un moustique tigre local déjà présent dans son quartier, provoquer une chaîne de transmission sur place. C’est précisément ce scénario que les autorités cherchent à éviter.
En 2025, un cas autochtone de dengue avait déjà été recensé en Haute-Garonne, rappelant que le risque ne se cantonne plus aux seuls départements côtiers méditerranéens. L’espèce Aedes albopictus est aujourd’hui implantée dans l’ensemble du département, et sa progression ne faiblit pas.
[ #MoustiqueTigre] Un cas autochtone de #chikungunya confirmé dans le Gard, le 2e en #Occitanie. Des actions préventives sont en cours. Restons vigilants face au moustique tigre et aux maladies qu’il peut transmettre.https://t.co/68qjqFZ6Qe
— ARS Occitanie (@ARS_OC) June 25, 2025
Comment fonctionne le système de démoustication dans le département ?
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il n’existe pas de calendrier fixe listant les communes traitées semaine après semaine. La démoustication en Haute-Garonne repose sur un dispositif réactif, déclenché à la demande de l’ARS Occitanie dès qu’un cas confirmé de dengue, de chikungunya ou de Zika est signalé par un médecin.
L’enquête se déroule alors en 72 heures ouvrées. L’entreprise Altopictus, opérateur mandaté par l’ARS, intervient en urgence pour mener une prospection entomologique sur le terrain, identifier les gîtes larvaires et, si le moustique tigre est détecté, procéder à un traitement insecticide nocturne dans un périmètre de 150 mètres autour du lieu fréquenté par la personne malade. Les produits utilisés sont à base de pyréthrines naturelles ou de pyréthrinoïdes, et les opérations se déroulent généralement entre 4h et 6h du matin, lorsque les habitants sont à l’intérieur.
En parallèle, le Conseil départemental de la Haute-Garonne pilote, avec le Laboratoire départemental EVA 31, un réseau de 70 pièges pondoirs répartis sur 32 communes. Ce maillage permet d’évaluer chaque mois la progression du moustique sur le territoire, et d’anticiper les zones à risque avant même qu’un cas humain ne soit déclaré.
Quelles communes sont concernées ?
Les interventions de démoustication se concentrent naturellement dans les secteurs les plus densément peuplés, là où les retours de voyages tropicaux sont les plus fréquents et où le moustique tigre est le mieux installé. Ces dernières saisons, des communes comme L’Union, Blagnac, Colomiers, Toulouse, La Salvetat-Saint-Gilles ou encore Péchabou ont régulièrement fait l’objet de traitements ciblés. Aucune zone du département n’est cependant épargnée par la présence de l’espèce, qui s’étend désormais bien au-delà de l’agglomération toulousaine.
Les riverains concernés par une intervention sont prévenus directement par l’ARS, via un flyer distribué dans les boîtes aux lettres ou affiché à l’entrée des résidences. Ces opérations de santé publique sont entièrement financées par des fonds publics : aucune participation financière n’est demandée aux habitants.
Les bons gestes pour limiter la prolifération
Face à un insecte qui pond ses œufs dans le moindre centimètre cube d’eau stagnante, la prévention individuelle reste l’arme la plus efficace. Il suffit de vider régulièrement les soucoupes des pots de fleurs, les seaux, les arrosoirs ou encore les bâches qui retiennent l’eau de pluie. En cas de doute sur la présence du moustique tigre dans sa commune, il est possible de le signaler directement sur le site officiel signalement-moustique.anses.fr. Chaque signalement contribue à affiner la cartographie nationale et à déclencher plus rapidement les enquêtes de terrain là où elles sont nécessaires.
















