Ce matin-là, sur son véli, Maëlle vient livrer rue du Taur, en plein centre-ville de Toulouse (Haute-Garonne). Au menu, filet mignon sauce moutarde et riz sauvage, du restaurant Pom’Mamie. Dans la boutique Les Curiosités d’Arboria, c’est Oyana qui réceptionne son plat. Celle qui partage ce lieu d’exposition et de vente avec d’autres artistes a passé commande pour la première fois. « C’est une bonne surprise, d’autant qu’elle est pile à l’heure demandée », se réjouit-elle.
« C’est en prenant à emporter dans un restaurant des Carmes que le patron, qui travaille avec eux, m’a parlé du concept de Merci Jeannine. C’est une excellente idée pour manger des bons plats sans faire trop de déchets. » Merci Jeannine se charge en effet de récupérer le bocal à la livraison suivante.
Des plats livrés dans des bocaux en verre
Le concept de Merci Jeannine ? Proposer, à l’aide d’un véhicule léger électrique équipé d’une caisse frigorifique, un service de livraison de plats préparés dans des bocaux en verre. À la tête de cette jeune entreprise qui s’est lancée en début d’année, Paul et Maëlle ont testé l’idée dès novembre dernier.
Ils ont développé des partenariats avec huit restaurants de la ville, comme Le Bouche à Louche, Chez Rosine, Native Canteen ou Papilles Toulouse. « On travaille avec des restaurants de quartier traditionnels, mais aussi avec une épicerie qui revalorise tous ses produits en faisant des plats et on a travaillé avec une association comme Les Tabliers Solidaires », explique Maëlle, la cofondatrice.
Concrètement, entre 8h30 et 12h30, Merci Jeannine livre chaque jour une quinzaine de commandes dans le centre-ville de Toulouse, aujourd’hui principalement à des professions libérales ou des petites boutiques. « On veut une logistique plus optimisée que les grosses plateformes de livraison, et pas une livraison minute », ajoute-t-elle. « Pour cela, les jeudis et vendredis, on concocte avec les restaurants le menu de la semaine suivante, en fonction de ce qu’ils proposent. On les positionne sur les jours de la semaine pour faire travailler chacun d’entre eux et amener de la variété », explique Paul, à l’origine du concept.
« Cela nous assure 16 plats vendus »
Si les desserts sont pour l’instant réalisés par Merci Jeannine, l’idée est, là aussi, de travailler à terme avec les restaurateurs et de pouvoir proposer plusieurs plats chaque jour. « Leur concept matchait très bien avec notre cuisine de grand-mère », explique Charline Thomas, associée au sein du restaurant Pom’Mamie, qui a été démarchée par Merci Jeannine. « Les jours où on travaille avec eux, cela nous assure 16 plats vendus et nous permet de toucher un public qui ne nous connaît pas, comme nous ne sommes pas en hypercentre », assure-t-elle.
La communication dynamique de Merci Jeannine sur les réseaux sociaux offre une visibilité supplémentaire à ses partenaires. « C’est super de soutenir ce type d’initiatives, qui valorise le circuit court. Il faut juste s’organiser et c’est beaucoup plus intéressant pour nous qu’Uber ou Deliveroo, qui prennent 30 % du prix des plats. » Car l’entreprise toulousaine fonctionne sur le modèle d’achat-revente, ce qui lui permet de proposer, en précommande, jusqu’à l’avant-veille 20 heures, le plat à 13 euros. Un prix qui passe ensuite à 14 euros, livraison incluse.
Pour se développer, Merci Jeannine propose ses services sur la zone de Labège, au sud-est de Toulouse, afin de toucher des entreprises de plus grande taille. Mais la société est pour l’instant contrainte car elle ne peut pas accepter les titres-restaurant. « Notre dossier est en commission mais ils ne comprennent pas ce que l’on fait. Ils pensent que nous sommes des e-commerçants », regrette Paul, pénalisé par ce frein administratif. Mais Merci Jeannine ne manque pas d’idée ni d’énergie pour développer son concept dans la Ville rose.






















