Promesse phare du maire sortant Jean-Luc Moudenc pour les municipales, l’installation d’une caméra dans chaque rue de Toulouse est évaluée à 40 millions d’euros par l’équipe du candidat. Mais un chiffrage publié ce mercredi par l’Institut Montaigne estime que la facture serait plutôt de 52 millions sur la durée du mandat.
C’est l’une des mesures les plus emblématiques de la campagne des municipales de Jean-Luc Moudenc : installer au moins une caméra de vidéosurveillance dans chaque rue de Toulouse. Mais un chiffrage publié ce mercredi 4 mars par l’Institut Montaigne estime que la facture serait plus élevée qu’annoncé.
Le maire sortant, candidat à sa réélection en 2026, a avancé un coût d’environ 40 millions d’euros sur la durée du mandat. Selon le think tank libéral, le montant atteindrait plutôt 52 millions d’euros, soit près de 12 millions de plus.
1 380 caméras supplémentaires
Pour parvenir à ce chiffrage, l’Institut Montaigne s’appuie sur les coûts moyens observés pour les dispositifs de vidéoprotection. Toulouse compte aujourd’hui un peu plus de 700 caméras, contre seulement 21 en 2014 lorsque Jean-Luc Moudenc est revenu au Capitole.
Or la ville compte 2 373 rues, places et avenues. Atteindre l’objectif d’une caméra par rue impliquerait donc l’installation d’environ 1 380 caméras supplémentaires.
Le think tank estime le coût d’installation à 30,8 millions d’euros, auxquels s’ajouteraient 24,3 millions d’euros de fonctionnement sur la durée du mandat (maintenance, exploitation et personnel). En prenant en compte une subvention de l’État estimée à 10 %, la facture globale atteindrait environ 52 millions d’euros, soit près de 8,7 millions par an.
Contacté par La Dépêche, Pierre Esplugas, porte-parole de la campagne de Jean-Luc Moudenc, explique cet écart par la méthode de calcul. Selon lui, le chiffrage de la majorité est établi avant les subventions de l’État et repose sur un coût unitaire, sans intégrer les économies d’échelle liées à un achat en grand nombre.
Il souligne également que la mesure resterait soutenable financièrement. « Les dépenses d’investissement qui avaient été consacrées à la construction d’un hôtel de police lors du mandat écoulé seront affectées, lors du prochain mandat, au financement de ces caméras », assure-t-il.
Une efficacité débattue
La proposition s’inscrit dans la continuité de la politique menée depuis 2014, marquée par une forte hausse du nombre de caméras et le doublement des effectifs de la police municipale.
Mais l’efficacité de ces dispositifs reste discutée. Dans un rapport publié en 2020, la Cour des comptes indiquait n’avoir relevé « aucune corrélation globale » entre la présence de caméras et le niveau de délinquance.
Dans l’opposition, le candidat insoumis François Piquemal critique une mesure « extrêmement coûteuse » et dit vouloir plutôt « miser sur le recrutement de policiers municipaux de proximité ». François Briançon, candidat de la Gauche unie (hors LFI), juge pour sa part que Toulouse dispose déjà « de l’équipement nécessaire ». Installer une caméra par rue serait « une idée purement électoraliste de Jean-Luc Moudenc », estime-t-il, considérant par ailleurs que le chiffrage avancé par le maire sortant était « farfelu ».




















