Pierre-Laurent Viguier, figure emblématique du Club Athlétique Balma (CAB) et du Blagnac SC, s’est éteint à l’âge de 47 ans dans des circonstances tragiques à Avignonet-Lauragais (Haute-Garonne). Le président du CA Balma, attristé, évoque ce sportif hors norme.
Le monde de l’athlétisme occitan est en deuil. Pierre-Laurent Viguier, figure emblématique du Club athlétique Balma (CAB) et du Blagnac SC, en Haute-Garonne, s’est éteint à l’âge de 47 ans dans des circonstances tragiques à Avignonet-Lauragais.
Il laisse derrière lui le souvenir d’un athlète hors norme, dont la polyvalence n’avait d’égale que l’humilité. Michel Bourdoncle, président du CA Balma, ne cache pas son émotion face à cette disparition : « J’en suis atterré et attristé. J’échange beaucoup avec des copains qui l’ont aussi bien connu, on est tous malheureux ».
Bien que l’athlète se soit éloigné des pistes depuis une dizaine d’années, son héritage reste intact. « Il a laissé une grande empreinte. Quand j’ai repris le club, ça a été notre premier sportif d’élite », confie le dirigeant.
Le palmarès de Pierre-Laurent Viguier donne le vertige. Capable de courir un 1 500 m en 3’53, il excellait aussi bien sur le 3 000 m steeple (8’58) que sur marathon (2h25). Une discipline dans laquelle il s’est distingué à Toulouse en 2007 quand il monte sur la troisième marche du podium. Du cross au trail, il a fini par briller au niveau mondial en canicross avec son chien Kookie.
« C’est un mec qui forçait mon admiration ! » s’exclame Michel Bourdoncle qui ajoute : « Il était capable de performances qui défiaient l’imagination en termes de souffrances physiques. Sportivement, c’était le top niveau ! Il ne savait pas être moyen ».
L’esprit club avant tout
Au-delà des chronos, c’est l’homme qui marquait les esprits. Michel Bourdoncle se remémore avec tendresse une scène survenue en 2012, lors de la 2e édition du Trail du Pastel, organisé par le CAB sur les coteaux de Rebigue : « La météo, c’était l’enfer. Il remporte l’épreuve, bien sûr. Et puis arrive le moment très pénible où il faut tout démonter sous la pluie… Et lui qui avait gagné, c’était la dernière personne à qui on aurait osé demander un coup de main. Après un rapide repas, je le vois qui se retrousse les manches pour démonter une grande tente militaire. Pour lui, il était évident qu’il devait nous aider. C’est un état d’esprit qui est rare aujourd’hui ».
Pour le président du CAB, Pierre-Laurent Viguier incarnait cette incroyable alliance de puissance et de douceur : « Il avait cette humilité, cette gentillesse et cet ultra-talent qui fait que les gens se disent : tiens, c’est un type qui sort de l’ordinaire ».
À ce jour, les pistes toulousaines et les sentiers pyrénéens pleurent un ami sincère qui, selon les mots de son ancien président, « forçait l’admiration » par sa simple présence.




















