Sans surprise, l’annonce de la fusion entre les listes de François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS) au second tour des Municipales 2026 ne fait pas que des heureux à gauche, où des voix s’élèvent ce lundi 16 mars 2026 pour dénoncer l’union scellée dans la nuit par les socialistes avec les insoumis. Plusieurs formations politiques, comme le Parti radical de gauche (PRG) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC) ont refusé de rejoindre cette coalition menée par le député insoumis, alors que des membres du Parti socialiste, proches de Carole Delga, ont aussi claqué la porte.
Trois membres du PS refusent l’union
D’après nos informations, au moins trois socialistes ont décidé de ne pas rejoindre la liste d’union de la gauche conduite par François Piquemal : l’avocate Florence Ginisty, mais aussi les conseillers régionaux Émilie Dalix et Marc Sztulman. Ce dernier, figure de la lutte contre l’antisémitisme à Toulouse, s’est fendu d’une tribune qu’il a transmise à Actu Toulouse pour expliquer sa position.
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« Voilà ce que LFI fait de la mémoire : quand elle n’ironise pas, elle l’efface »
Dans ce courrier où l’élu estime que « la politique, ce n’est pas troquer son éthique contre un siège », et que nous publions in extenso ci-dessous, Marc Sztulman explique : « En tant que Toulousain, je refuse cette compromission aux côtés de membres d’un mouvement dont le chef a laissé entendre que les attentats de mars 2012 relevaient d’un complot et que le terroriste n’était ‘qu’un petit personnage sorti du chapeau’».
Sept personnes sont mortes à Toulouse et à Montauban. Des enfants ont été assassinés devant leur école. Réduire ces crimes à une manipulation, c’est exécuter les victimes une seconde fois. F. Piquemal a réussi l’exploit singulier d’écrire cent pages sur l’histoire contemporaine de Toulouse sans jamais les mentionner. Voilà ce que ce mouvement fait de la mémoire : quand il n’ironise pas, il l’efface.
« Il n’y a pas d’antisémitisme que l’on efface par une tractation »
Déplorant un manque de « clarification » du chef de file insoumis à Toulouse face aux accusations d’antisémitisme visant son mouvement et son leader, Marc Sztulman écrit : « Est-il nécessaire de rappeler qu’il y a quelques mois, l’un des chefs locaux de LFI se vantait aux universités d’été de ce mouvement d’être ‘pire que les juifs’» ?
Quand on s’appelle Sztulman, on sait ce que signifient les prononciations ironiques des noms de famille. On sait d’où elles viennent. On sait où elles mènent.
Et le conseiller régional, membre de la majorité de Carole Delga, de faire part d’un regret : « Je n’ai pas su les convaincre qu’il n’y a pas d’antisémitisme que l’on efface par une tractation, et que la défense des valeurs humanistes et Républicaines ne peut être à géométrie variable ».
Le MRC et le PRG quittent le navire mené par un capitaine LFI aussi
Les deux candidats du MRC, Thierry Cotelle et Vincent Rocheteau seraient sur cette même ligne, tout comme les deux représentants du PRG, opposants de longue date à la ligne de gauche radicale incarnée par LFI : Pierre-Nicolas Bapt et Lucas Duval n’en seront pas non plus. Dans un communiqué, le PRG annonce « son retrait de la liste » menée par François Piquemal « sans polémique, mais avec le sentiment du devoir de clarté », car ce parti de centre gauche « ne peut pas s’engager derrière une tête de liste issue de La France Insoumise : ce mouvement porte sur la laïcité et sur le rapport aux institutions républicaines des positions que nous ne partageons pas ».
« Notre position est constante », défend Lucas Duval, qui rappelle : « On n’est pas allé dans la Nupes, ni dans le Nouveau front populaire. On ne peut pas s’allier avec LFI qui passe son temps à s’invectiver avec tout le monde, à mettre de la violence en politique età flirter avec l’antisémitisme bien qu’elle dise le contraire ».
« On n’a pas été clair sur la ligne vis-à-vis de LFI »
Si François Briançon n’est arrivé que 3e, avec un score en deçà de ses espérances, pour Lucas Duval, la raison est simple : « On n’a pas été clair sur la ligne vis-à-vis de LFI, alors on a perdu des deux côtés, mais je ne pensais pas que ce serait dans ces proportions.
Moudenc est arrivé en tête dans des bureaux qu’on aurait dû gagner largement, par peur de LFI. Les modérés se sont tournés vers Moudenc, et d’autres vers Piquemal.
Pour ce militant, qui confie qu’il va voter blanc, la liste emmenée par François Piquemal au second tour sera « l’antithèse de la gauche capable de revenir au pouvoir ». Et de soupirer : « Cette liste d’union n’est pas de gauche pour moi, et je pense qu’elle va perdre ».
Place publique refuse l’union, son chef de file suivra-t-il ?
Enfin, du côté de Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, trois membres figuraient en bonne place sur la liste de François Briançon. Ici aussi, dans un souci de « clarté absolue », le parti a été clair au niveau national en annonçant « qu’aucun candidat ne pourra se prévaloir d’un soutien de Place publique sur une liste à laquelle participerait La France insoumise ». Une ligne que ne partage visiblement pas Hugo Sajhau, désigné chef de file du mouvement lors de ces Municipales et n°14 de la liste Briançon. On ignore, pour l’heure, quelle ligne suivront Aurélien Taravella, par ailleurs conseiller départemental, et Aurélie Salvaire, autre militante du parti.
La liste de François Piquemal, qui s’appellera « Demain Toulouse – La Gauche unie » pour incarner cette union, doit être présentée dans les prochaines heures afin d’être déposée en préfecture au plus tard mardi à 18 heures, dernier délai.
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