Teddy Thomas est un homme épanoui et l’air de la Ville rose lui va à ravir. Celui qui a disputé 16 matchs (dont 10 en tant que titulaire) enchaîne les essais depuis le mois de novembre (10), ce qui est révélateur de la forme d’un ailier. Il revient sur son adaptation (rapide) à la philosophie stadiste.
Cela fait un peu plus de huit mois que vous êtes arrivés à Toulouse, que pensez-vous de vos premiers pas chez les « rouge et noir » ?
Je suis arrivé dans une équipe qui joue ensemble depuis plusieurs années. Un effectif où il n’y a pas beaucoup de nouveaux qui arrivent. À l’image de cette année où on n’est que deux à rejoindre cet effectif : George (Henri Colombe) et moi. La chance que l’on a, c’est qu’avec George, on connaît les joueurs du Stade parce qu’on les côtoyait en équipe de France. Donc ça a été assez facile pour m’intégrer humainement dans le groupe. Et puis, rugbystiquement, ça demande de réaliser des tâches que je n’avais pas l’habitude de faire, des tâches beaucoup plus physiques qu’auparavant. Donc effectivement, il y a eu une mise en route qui a été, pour certains [commentateurs] un petit peu longue, mais pour moi c’était logique. On s’était mis d’accord sur pas mal de choses avec le staff et ça a été respecté.
Vous attendiez-vous à jouer autant, dans vos premiers mois ?
En tout cas, c’était l’objectif que j’avais en venant ici. Je travaillais pour ça. Je pense que les années précédentes m’ont permis d’avoir une certaine expérience pour m’adapter assez rapidement à l’exigence du jeu toulousain. Et après, s’ils ont décidé aussi de me faire venir, c’est qu’ils savaient que j’en avais les capacités. Donc, c’est plutôt de bon augure, je l’espère. Mais franchement, le plus important, ce qui va vraiment concrétiser tout ça, c’est maintenant, cette dernière partie de saison. Donc, j’espère pouvoir rester le plus longtemps possible sur le terrain, faire des performances de plus en plus convenables et surtout décisives pour l’équipe.
Vous semblez avoir très vite trouvé votre place dans ce groupe, votre intégration a-t-elle été facilitée parce que vous connaissiez beaucoup de joueurs de l’équipe ?
Oui, après je pense que c’est aussi dû à mon âge, je fais partie des anciens de cet effectif maintenant. Mais moi, je suis quand même de nature assez joviale. Je m’intègre assez facilement. Je ne suis pas quelqu’un qui souhaite prendre beaucoup de place. J’arrive avec ma joie de vivre et mon naturel. Et je pense que c’est quelque chose qui est apprécié ici, apprécié par les mecs. S’ils m’ont pris, c’est pour le joueur de rugby que je suis, mais également pour l’homme que je suis. Donc je n’allais pas venir ici en étant une autre personne, comme j’aurais pu le faire auparavant. Parce qu’au final ça ne m’a pas forcément rendu épanoui et heureux sur le terrain. Donc j’arrive comme je suis et ça se passe bien. C’est vrai que j’ai l’impression que ça fait plusieurs années que je suis ici.

« L’institution Stade Toulousain, ce n’est pas qu’un mot »
Vous avez joué dans de gros clubs français (Racing, La Rochelle), y a-t-il quelque chose qui vous a surpris en arrivant à Toulouse par rapport à ce que vous avez connu ?
C’est la méthode de travail qui est vraiment poussée à son paroxysme ici, le détail dans les choses, le détail dans la prise de décision. Il faut être entraîné et prêt à répéter les entraînements à haute intensité pour jouer ici. Franchement, si tu fais quelques écarts et que tu n’es pas prêt à endurer cette charge physique, je pense que tu ne peux pas jouer à Toulouse. Enfin, tu peux jouer, mais pas trop longtemps. Tout le monde en est conscient. Ça fait plusieurs années qu’ils ont cette méthode de travail. Ça marche au vu des titres glanés. Moi, je me suis adapté à ça. J’ai travaillé en pré-saison pour venir ici le plus affûté possible, et me permettre d’être le plus performant et disponible possible pour l’équipe. Parce que c’est ce qui me pénalisait auparavant. Mais si je dois vraiment sortir des éléments qui différencient le Stade Toulousain des autres clubs, c’est la méthode de travail et puis cette institution qui ne s’invente pas et qui ne peut pas se copier, qui est vraiment intègre au club du Stade Toulousain. C’est une vraie famille, ce n’est pas qu’un mot. Que ce soit des gamins qui jouent au stade, jusqu’à nous les pros et même les anciens, c’est une vraie institution, le Stade Toulousain c’est spécial et c’est dur de l’expliquer quand on ne le vit pas.

Vous avez récemment déclaré que vous viviez une seconde jeunesse, notamment en jouant avec tous ces jeunes. Ils vous impressionnent ?
Oui, ils ont un niveau quand même assez performant. Je pense que dans le championnat des espoirs, on le voit aussi parce qu’ils sont quand même très bons. Ils remportent très souvent leurs compétitions. Nous, quand ils s’entraînent avec nous et qu’on fait deux oppositions contre eux, ils nous mettent très souvent en difficulté. Ce qui nous permet de bien travailler, ce qui nous permet aussi de montrer qu’on a une marge de progression pour vraiment être redoutable et vraiment pouvoir gagner tous les week-ends. Mais ce sont des jeunes qui, quand ils intègrent le groupe pro, il n’y a pas de SAS de découverte pour eux, quand ils sont avec nous, ils sont directement intégrés, et ils savent ce qu’on attend d’eux, et ils répondent vraiment présents. Donc, bien évidemment, c’est dur pour eux de pouvoir gratter des feuilles de match, parce qu’il y a quand même beaucoup de monde. Mais en tout cas, sur les entraînements qu’ils font avec nous, ils nous forcent à élever notre niveau, et franchement, c’est hyper bien, je pense, pour tout le monde.
On approche du printemps et du début des matchs à enjeu (le huitième de finale de Coupe d’Europe, c’est le 4 avril), y a-t-il déjà une forme d’excitation ?
C’est loin et proche à la fois mais bien évidemment qu’on y pense parce qu’on débute une saison pour ensuite disputer ces matchs-là. Bien sûr qu’il y a le travail qui est fait en amont en début de championnat pour se mettre dans des positions confortables dans les compétitions. Mais je pense qu’il y a la culture du Stade Toulousain de gagner et cette culture passe par ces matchs à enjeu. C’est là où tu te rends compte que c’est une équipe qui a du sang froid et qui peut, sur ces matchs-là, tout faire basculer. Il me tarde de découvrir ça. Il me tarde de découvrir ces matchs à enjeu et décisifs parce qu’à la fin, ce que l’on retiendra uniquement de notre année, c’est le ou les titres que l’on a gagnés et non pas les matchs qu’on a pu gagner de 40 points ou à l’extérieur. C’est bien sur l’instant présent, effectivement, mais ce qui nous permet de savourer tous les efforts de l’année, ce sont les titres. Donc, il me tarde de découvrir ça.

















