Le célèbre Bellevue-la-Forêt est le château du vignoble de Fronton (31/82) qui arrachera le plus de vignes lors de cette nouvelle campagne nationale soit la moitié de sa surface plantée. Un fait rare qui marque un tournant dans sa logue histoire.
Il restera toujours le château qui a fait la renommée du Frontonnais. Bellevue-la-Forêt, à Fronton, en haute-Garonne, s’apprête à arracher la moitié de ses vignes ! Un fait rare et marquant dans la longue et belle histoire de ce grand nom du vignoble qui a pourtant connu des fortunes diverses au fil des décennies. Longtemps propriété de la très connue famille Germain, racheté en 2008 par l’homme d’affaires irlandais Philippe Grant, le château a signé pour cette solution radicale à l’heure où, comme tant d’autres, il souffre d’une chute des ventes de ses vins rouges notamment.
« Ne plus compter sur le marché du gros »
Aussi exceptionnels soient – ils, récompensés dans les plus grands concours, ces vins se vendent moins, victimes de la mode, de cette tendance qui s’est inversée au profit d’un autre vin pourtant décrié il n’y a pas si longtemps que ça… « J’ai le souvenir d’arrachages de cépages blancs dans le Bordelais, il y a quinze ans, au profit de rouges. Aujourd’hui, certains le regrettent… Les blancs reviennent en force face à des rouges en forte baisse. Ce n’est qu’un exemple mais il résume ce que nous sommes en train de vivre. Nous n’avons pas le choix : nous devons nous réorganiser, nous adapter pour faire face à cette situation », explique sans détour Pierre Servan.
Le manager et responsable de la commercialisation chez Bellevue affirme églement qu’« il n’est plus possible aujourd’hui de compter sur le marché du gros. Les négociants qui font faillite sont rachetés et les vins sont vendus à des prix très bas. Je ne pense pas qu’on revienne en arrière. On ne rattrape pas un couteau qui tombe ! A mon avis, on est au creux de la vague. On peut, on doit (!) se repositionner pour la survie de Bellevue-la-Forêt. Nous sommes, il est vrai, en capacité de le faire… ».
Mais Pierre Servan sait aussi que, seul, le métier de vigneron ne suffira pas à assurer l’avenir du vignoble. Comme beaucoup de passionnés qui ne veulent pas abandonner la partie, il mise sur la diversification et l’œnotourisme. C’est ainsi qu’est née la guinguette de Bellevue, un lieu plein de charme au cœur du château. Deux cent cinquante personnes s’y rendent du mercredi au dimanche, puis tous les jours de l’été. Dans une ambiance douce et pleine de saveurs, on y boit de délicieux vins qui, bien qu’en pleine tempête, n’ont pas encore signé pour leur naufrage.












