La société toulousaine Pixience, experte de l’imagerie de la peau, a perfectionné ses outils pour la détection des cancers de la peau. Ils intègrent aujourd’hui une IA pour mieux suivre les lésions et permettre aux dermatologues d’optimiser leur temps. Un enjeu crucial dans un contexte de pénurie de professionnels.
Depuis bientôt quinze ans, Pixience développe son expertise dans l’imagerie dermatologique. Fondée à Toulouse, où elle imagine et élabore ses produits, la société vient de se positionner un peu plus sur le créneau de la e-santé. Elle vient de s’associer à Huvy, une autre société française basée en Charente-Maritime, spécialisée dans l’IA (intelligence artificielle) pour optimiser la prise en charge des patients. Car, face au nombre décroissant de dermatologues, l’enjeu est de taille.

« Lorsqu’on a commencé, en 2012, il y avait 4 500 dermatologues en France. Ils sont aujourd’hui 2 400 et, selon les prévisions, il n’y en aura plus qu’un millier en 2030 », pose Sébastien Mangeruca, président de Pixience, qu’il a cofondée avec d’anciens salariés des laboratoires Pierre Fabre. « Depuis le début, nous voulons mettre l’innovation technologique au service d’une dermatologie plus accessible et plus pertinente pour les professionnels qui utilisent nos outils. Face à la démographie médicale déclinante, nous savons qu’il faut une technologie capable de restituer la couleur et la structure de la peau. »
« Libérer le dermatologue pour qu’il se concentre sur son expertise »
L’outil de base, le dermoscope vidéo C-Cube (qui en est aujourd’hui à sa troisième version), permet de fournir des images de haute qualité de la peau pour repérer les cancers cutanés. « Il est la base du dépistage avec une image la plus fidèle possible, comme on regarde à l’œil, et c’est un allié du dermatologue qui doit voir son patient, notamment pour les zones difficiles d’accès », explique Sébastien Mangeruca.

Le pistolet vert et blanc C-Cube s’est enrichi du BodyMapper, une colonne d’appareils photo pour permettre une surveillance du corps entier. « L’idée est que le médecin délègue cette tâche à un assistant qui positionnera le patient et cartographiera complètement son corps. Il peut ainsi voir davantage de patients en y passant moins de temps et en se concentrant sur son expertise. Grâce à l’IA, on peut filtrer et prioriser les lésions pertinentes, les enregistrer et les suivre pour les comparer. Notre technologie permet de faciliter la lecture des lésions en mettant en avant leur changement. Notre optique ultra-précise permet de comparer deux clichés en éliminant ce qui pourrait venir d’une baisse de l’éclairage ou de la machine elle-même. L’imagerie, c’est notre expertise face aux erreurs possibles avec la photo d’un smartphone. Le parcours de soins doit être le plus fiable possible. Une dermato m’a confié qu’elle sauvait des vies tous les jours », poursuit le directeur de Pixience, qui rappelle qu’un dermatologue détecte en moyenne quatre mélanomes par mois.
Les clients : des dermatologues et des grandes marques cosmétiques
Pixience compte aujourd’hui environ 400 clients équipés du C-Cube, essentiellement des cabinets de dermatologie et des maisons de santé, et une vingtaine de dermatologues ont acquis le BodyMapper. La société compte aussi plus de 200 clients de laboratoires de marques cosmétiques partout dans le monde, qui utilisent la technologie optique des dermoscopes pour étudier l’efficacité des produits de dépigmentation ou pour valider scientifiquement certaines formules.














