La victoire de Pascal Claverie à Tarbes est déjà contestée. Moins d’une semaine après le second tour des élections municipales, organisé le 22 mars 2026, un recours a été déposé devant le tribunal administratif pour dénoncer des irrégularités électorales. Explications.
À Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, la victoire municipale est déjà contestée devant la justice. Dans un communiqué de presse daté du 26 mars 2026, Eric Peyrègne, candidat de la liste “Tarbes, le Temps du Changement”, annonce avoir saisi la justice administrative. Il évoque « plusieurs irrégularités » survenues lors des opérations électorales des 15 et 22 mars 2026, susceptibles selon lui d’avoir influencé le résultat du scrutin.
Le candidat précise que « ces irrégularités, susceptibles d’avoir altéré la sincérité du vote, concernent le non-respect de certaines dispositions du code électoral ». Il estime également que « les conditions nécessaires à la transparence et à l’équité du scrutin n’ont pas été pleinement garanties ». À ce stade, la nature précise des irrégularités évoquées n’a pas été détaillée publiquement.
Un scrutin serré marqué par une recomposition politique
Au second tour, organisé le 22 mars 2026, selon les données communiquées par le Ministère de l’intérieur, Pascal Claverie s’est imposé avec 38,85 % des suffrages, devant Eric Peyrègne (35,71 %) et Michel Garnier (25,45 %), selon les résultats officiels publiés le 23 mars 2026. Cette victoire s’inscrit dans un contexte de recomposition politique entre les deux tours. La liste de Pascal Claverie a notamment fusionné avec celle de Pierre Lagonelle afin de constituer une alternative centrale et contenir la progression du Rassemblement national, arrivé en tête au premier tour avec 23,85 % des voix le 15 mars 2026.
Dans un message publié sur Facebook le 25 mars 2026, Eric Peyrègne a dénoncé une « victoire volée », évoquant une alliance de plusieurs formations politiques. Il estime que « ces Tarbaises et ces Tarbais se sont fait voler la victoire par une alliance MoDem, Renaissance, Horizons, PS, PC et LFI ». Le candidat battu exprime également sa déception face à l’issue du scrutin, affirmant être « surtout très déçu pour Tarbes » et pour « cette formidable équipe qui s’est engagée avec conviction » à ses côtés. Il met aussi en cause le maintien de la liste de Michel Garnier au second tour, estimant qu’elle a contribué à freiner sa dynamique électorale.
Malgré la défaite, Eric Peyrègne appelle à poursuivre l’engagement politique. « Cette défaite n’est qu’une étape : elle prépare l’avenir », écrit-il, avant d’assurer que son équipe restera mobilisée dans l’opposition pour « dénoncer toute irrégularité » et « défendre avec détermination les intérêts » des habitants.
Une procédure aux enjeux importants
Le recours déposé par Eric Peyrègne vise à faire reconnaître les irrégularités qu’il dénonce et pourrait, le cas échéant, conduire à une annulation partielle ou totale du scrutin. Une procédure encadrée par le droit électoral, aux conséquences potentiellement importantes pour la vie politique locale.
Dans son communiqué, le candidat rappelle son attachement « aux principes fondamentaux de la démocratie », insistant sur « le respect strict du cadre légal qui régit les élections, garant indispensable de la confiance des citoyens dans les institutions ». Dans l’attente de la décision du tribunal administratif, lui et son équipe affirment vouloir agir « dans la plus grande transparence » et continuer à alerter sur toute anomalie liée au processus électoral.
Un appel au rassemblement du maire élu
De son côté, Pascal Claverie a réagi au lendemain de son élection, le 23 mars 2026, dans un message publié sur Facebook. Il a salué « la mobilisation des habitants de Tarbes » et affirmé sa volonté d’être « le maire de tous les Tarbais ». Il a également déclaré que « la mairie ne sera plus la maison de quelques-uns mais redeviendra la maison commune de tous », appelant à dépasser les divisions politiques dans un esprit de rassemblement.
Si la participation a légèrement progressé entre les deux tours, elle reste limitée dans un climat politique tendu. Le taux d’abstention s’établit à 47,09 % au second tour, contre 48,55 % au premier. Reste désormais à savoir si le recours engagé viendra confirmer ces tensions… ou rebattre les cartes du scrutin.














