L’influenceur Keirien Taylor sublime le patrimoine occitan sur les réseaux sociaux. Cet Américain de 30 ans s’est éloigné du système de son pays natal pour s’installer à Toulouse il y a deux ans. Passionné d’architecture, il la filme avec un regard enthousiaste, qui peut parfois paraître ironique. Il révèle la beauté insoupçonnée de certains quartiers toulousains, mais aussi de villes considérées comme ordinaires des Pyrénées. Et ça marche : il séduit des milliers d’abonnés. Portrait.
« J’ai l’impression d’être aux Bahamas, mais dans les Pyrénées ! » Une comparaison étonnante pour Tarbes, qui peut prêter à sourire ou flatter les plus chauvins. C’est pourtant le sentiment qu’a éprouvé Keirien Taylor lors de sa première visite de la préfecture des Hautes-Pyrénées.

Une fascination « 100 % honnête »
Cet Américain, qui vit à Toulouse depuis deux ans, a pris l’habitude de s’émerveiller devant l’architecture de la Ville rose, parfois dans des coins peu séduisants, mais aussi d’autres communes aux alentours. Depuis quelques semaines, il documente ses pérégrinations avec des vidéos publiées sur son compte Instagram, « kll.taylor ». Certaines, visionnées plusieurs milliers de fois, ont fait grossir son nombre d’abonnés (plus de 8 300 aujourd’hui).
Si sa fascination peut paraître ironique, il assure être 100 % honnête. « Peut-être que je suis trop positif et expressif, mais c’est ma personnalité, explique-t-il. J’ai trouvé Tarbes vraiment magnifique, la fontaine et les palmiers donnaient une ambiance tropicale. Je n’étais pas satirique. »
Un quotidien américain lassant
Originaire du Maryland, puis passé par l’Arizona, Keirien a choisi la France pour changer de vie. « Je ne connaissais rien à part la tour Eiffel, confesse-t-il. Mais l’un de mes amis habitait à Toulouse. » Ce choix radical a été motivé par une lassitude du système américain.
« Politiquement, c’est de pire en pire, pareil pour l’environnement. Le fait qu’il faille prendre la voiture pour n’importe quel déplacement, que la culture ne soit pas accessible… », liste-t-il. Arrivé grâce à un visa de travail de quatre ans, il savoure désormais les plaisirs simples : la présence des boulangeries à chaque coin de rue, la marche et l’accueil des habitants.
Les nouvelles cartes postales de Toulouse
Bien qu’il travaille dans l’analyse de données, Keirien aspire à un avenir plus artistique : « Ce n’est pas ma vocation. Je voudrais m’éloigner le plus possible des ordinateurs. » Passionné de photographie et d’architecture, il a trouvé dans la création de contenu sur les réseaux sociaux une seconde activité qui l’épanouit davantage.
Il s’est notamment extasié devant la Cité Roguet. « C’est mon immeuble préféré à Toulouse. Il devrait être sur des cartes postales », décrit-il dans une vidéo postée fin avril. Pourtant, le site n’est pas vraiment réputé pour son esthétique. « J’adore l’architecture brutaliste, défend-il. Pour le contraste, la simplicité, la grandeur… »
Quelle prochaine destination ?
Pour lui, l’essentiel est de porter un regard neuf sur l’ordinaire. D’ailleurs, impossible de choisir son endroit préféré à Toulouse. « Je trouve de la beauté dans tous les côtés. La Grave, le Capitole… c’est magnifique certes, mais il y a plein d’autres coins. »
Il sollicite désormais les recommandations de ses abonnés pour débusquer les sites les plus méconnus. « Dès que je vais quelque part, je me rends compte qu’il y a plein de choses à apprendre. Les gens pensent que voyager, c’est partir loin, prendre l’avion, alors qu’il y a tellement de richesses à apprécier à proximité. » Sa prochaine étape ? La visite de Lavernose-Lacasse, une toute petite commune du centre du département.
En quelques dates
30 décembre 1995 : Naissance à Easton, dans le Maryland aux États-Unis.
2013 – 2017 : Bachelor en sciences politiques.
2017 – 2019 : Master en droit des affaires.
Novembre 2023 : Installation à Toulouse.
Avril 2026 : Première grosse vidéo sur Instagram.
















