Vie nocturne et danse urbaine rythment le quotidien de ce jeune Toulousain. Entre des cours dans cinq écoles de dancehall et des nuits entières derrière les platines, il a transformé ses deux passions en équilibre de vie.
Professeur de danse le jour et DJ en club la nuit : voilà le quotidien de Quentin, alias Kyu, Toulousain de 23 ans. Dans des vidéos sur les réseaux sociaux, il montre la réalité de sa profession, devant parfois cumuler trois prestations de DJ : de 17 heures à 23 heures pour un match de football américain, puis de minuit à 5 heures dans une première boîte, et enfin de 6 heures à 11 heures dans un second club.

Un emploi du temps qui pourrait être éreintant, mais qui semble l’épanouir. « Ce genre de journée reste assez rare : j’avais accepté un remplacement de dernière minute. Mais j’aime ce que je fais, c’est toujours avec plaisir », sourit Quentin.
La formation « Dancehall Vybz Spirit »
Il enseigne le dancehall, danse urbaine issue de la Jamaïque, dans cinq écoles différentes à Toulouse et aux alentours : centre James Carles, South Flow, Studio 9, centre culturel Renan, La Fabrique du Mouvement. Pourtant, donner des cours, « ça n’a jamais été un objectif », confie-t-il.
Il commence le hip-hop à 11 ans, puis le dancehall et les danses afro à 14 ans. À 16 ans, il entame, à temps partiel, la formation « Dancehall Vybz Spirit », créée par le danseur toulousain Stéphane Mbella. Un programme sur trois ans, pour apprendre les techniques, mais également toute la culture autour de cette discipline et son vocabulaire. « On avait des intervenants qui venaient de partout, se souvient Quentin. J’ai volontairement redoublé deux fois pour en savoir plus. »
On lui propose alors de donner ses premiers cours à Tarbes, alors qu’il est tout juste majeur. Il accepte. « J’ai saisi des opportunités, mais je ne m’étais jamais imaginé faire ça comme métier. C’est un peu l’histoire de ma vie. » Son carnet d’adresses se développe, et progressivement, son agenda se remplit.
Alors qu’il fait ses premiers pas en tant qu’enseignant à 18 ans, il se lance, dans le même temps, dans l’activité qui occupe l’autre moitié de sa vie : le DJing. « La musique est aussi arrivée un peu par hasard, confesse-t-il. J’ai utilisé les 300 euros de mon pass Culture dans des platines. Je ne sais même plus pourquoi, je n’avais aucune idée de comment m’en servir. »
Un autodidacte du DJing
Il apprend en autodidacte, en regardant des tutos sur YouTube et en s’inspirant des artistes qu’il admire. Au départ, ses musiques de prédilection sont le dancehall et les sons afros. « Mais ça restait très niche. Pour espérer signer des contrats, je me suis orienté vers des propositions plus commerciales. » Après avoir écumé les établissements de la Ville rose, il décroche des résidences au Delirium Café ainsi qu’au Bogota.
Mais comment fait-il pour tenir le rythme ? « Il n’y a pas vraiment de mystère, tranche-t-il. Il faut avoir une bonne hygiène de vie ! Je ne fume pas, je ne bois pas, je rattrape toujours le manque de sommeil. » Dans ses cours, Quentin tient à être d’humeur égale, malgré la fatigue, notamment le lundi après des week-ends de fêtes.
S’il développe ses contenus sur les réseaux sociaux, c’est par conscience de leur utilité stratégique. « Tout passe par là maintenant, c’est comme ça qu’on se fait connaître. » Alors quand il est victime de retards de paiements par un établissement, il n’hésite pas à en parler aussi, recevant le soutien de nombreux abonnés.
Dans les années à venir, il projette de s’exporter un peu plus. « J’ai déjà eu la chance de mixer à Paris, à Montpellier, à Pau… C’est cool de bouger un peu à droite, à gauche. » Mais il se voit aussi davantage acteur de la promotion de la culture dancehall. « Ça me tient à cœur de soutenir des projets. Pas mal de structures sont en galère. » Pourquoi pas organiser plus de stages et de soirées, pour mêler ses deux activités.
En quelques dates :
7 octobre 2002 : Naissance à Toulouse.
2013 : Commence le hip-hop.
2019 – 2024 : Suit une formation de dancehall.
2021 : Achète ses premières platines et commence le DJing.
2025 : Devient résident dans deux clubs toulousains.
















