Le procès du meurtre en bande organisée du 24 août 2020 aux Izards entame ce lundi sa deuxième semaine. Que retenir de la première ? Où en sont les débats ? Quand est attendu le verdict ? Éléments de réponse.
Second round. Après cinq jours d’audience consacrés essentiellement aux personnalités des dix accusés (plus un en cavale) et à l’examen des preuves collectées (écoutes, armes saisies, traces ADN, résidus de tirs), la cour d’assises spéciale de la Haute-Garonne reprend son marathon ce lundi.
Leur « faire un Bataclan »
Pourquoi un commando armé jusqu’aux dents a déboulé sur le point de deal du quartier des Izards, à Toulouse, ce 24 août 2020 ? La réponse ne fait guère de doute. Quinze jours plus tôt, Yanis Mehenni – l’un des accusés – avait été rafalé dans le quartier à la kalach.
Grièvement touchée aux jambes, la victime rêve de « faire un Bataclan » à ses agresseurs. Ce que révèle un échange exhumé par les enquêteurs a posteriori, après avoir craqué la messagerie prétendument inviolable Sky ECC.
L’expédition du 24 août est donc une vengeance, un match retour, pour le contrôle du point de deal dont le chiffre d’affaires avoisinait les 40 000 euros par jour.
Mais si la mort de Djilali, 24 ans – un « chouf » selon la police, un « vendeur de cigarettes » de contrebande selon ses proches –, et la quarantaine de coups de feu tirés ont en partie « lavé l’affront », tout au moins transmis un sanglant message, la soirée du commando a connu une sortie de route. Au sens propre comme au sens figuré.
Pain béni pour les experts
Une voiture de la brigade anticriminalité à ses trousses, le pilote de la Golf noire éclate un pneu au moment d’entrer sur le périphérique, à hauteur de la Cépière. Ses occupants abandonnent tout derrière eux sans avoir le temps d’y mettre le feu pour effacer les traces.
La PJ relèvera l’ADN de cinq des dix accusés sur des fusils, des pistolets, des vêtements, des accessoires. Saisira une demi-douzaine d’armes, qu’elles soient de poing ou d’épaule. Du pain béni pour les experts de la police scientifique.
Qui conduisait ? Qui a tué ? Qui a donné l’ordre ?
Surtout, elle interpelle deux des membres présumés du commando, dissimulés à proximité de l’accident : Imed Medjeber et Mohamed Morsli. Une sorte de paquet-cadeau géant, quatre mois avant Noël. La cour cherche désormais à établir les rôles de chacun. Qui a donné l’ordre ?
Suspecté d’être à la tête de cette bande en dépit de son alibi en béton armé – il se trouvait à Rotterdam le jour des faits –, Mohamed Zerrouki, 44 ans, a assuré la semaine dernière qu’il « n’était pas la personne que l’on décrit ». Voir. Qui conduisait ? Qui a tiré ? Qui a tué ?
Une fin de procès sous haute surveillance
L’interrogatoire individuel des accusés sur les faits marquera l’entame de cette seconde semaine de procès, qui se déroule sous haute surveillance. À la fois dans la salle, mais également aux abords de la cour d’assises spéciale (sans jury, composée de magistrats professionnels, NDLR), dont les accès routiers sont proscrits tout au long des débats par des hommes en armes. Pour éviter toute tentative d’évasion ou d’éventuelles représailles.
Réquisitoire et plaidoiries ne devraient pas intervenir avant mercredi. Pour un verdict attendu, au plus tôt, vendredi soir.














