La saison du bac 2026 débutera le 20 mai avec les premières épreuves de la filière professionnelle. À Toulouse, Salomé Perette-Jolly et Maxime Boiscassy observent les difficultés de nombreux lycéens face aux révisions et à l’intelligence artificielle. Avec Quizélia, leur plateforme de quiz basée sur les programmes officiels, le couple veut aider les élèves à retrouver une méthode de travail claire avant les examens.
Avec près de 94 % de réussite après les rattrapages, les résultats du baccalauréat 2025 ont confirmé une légère hausse dans l’académie de Toulouse. Et tandis que les chiffres de la précédente session sont encore dans toutes les têtes, les dates des prochaines épreuves sont déjà connues. Les élèves de la filière professionnelle ouvriront les examens à partir du 20 mai. Pour les candidats des voies générale et technologique, les écrits débuteront le 15 juin avec la philosophie, avant les spécialités du 16 au 18 juin. Le Grand oral suivra du 22 juin au 1er juillet et les résultats tomberont le 7 juillet.
À quelques semaines des examens, de nombreux parents disent voir leurs enfants se perdre entre les révisions, Parcoursup et les outils d’intelligence artificielle. À Toulouse, Salomé Perette-Jolly et Maxime Boiscassy observent cette évolution depuis plusieurs années auprès de leurs élèves. C’est justement à partir de ce constat que le couple a créé Quizélia, une plateforme pensée pour aider les lycéens à retrouver des repères dans leurs révisions.
« Ils ont parfois ce sentiment de couler »
Salomé Perette-Jolly et Maxime Boiscassy accompagnent des collégiens, des lycéens et des étudiants depuis plus de 14 ans via leur structure de soutien scolaire Révélia. Les supports se multiplient, les cours circulent sur les ENT, les fiches s’accumulent et les réponses arrivent désormais en quelques secondes via l’intelligence artificielle. Pourtant, beaucoup de lycéens se sentent plus perdus qu’avant. « Ils ont parfois ce sentiment de couler. Ils se sentent noyés sous le travail, les références et les avis qu’ils trouvent partout », raconte la cofondatrice de Quizélia.
Le Covid a aussi changé les habitudes de travail des élèves. Les documents numériques ont pris une place beaucoup plus importante et certains conservent désormais leurs cours uniquement en PDF. D’autres passent parfois un long moment à retrouver un document, un polycopié ou un devoir avant même de commencer leurs révisions. « Ils passent parfois plus de temps à chercher le bon document qu’à travailler réellement », explique Maxime Boiscassy.
Bac 2026 : l’IA change les révisions des lycéens
L’intelligence artificielle fait également partie du quotidien de nombreux lycéens. Certains demandent des résumés de cours. D’autres cherchent des analyses de textes, des plans de dissertation ou des citations. Mais Salomé Perette-Jolly et Maxime Boiscassy voient aussi les limites de ces outils. « Ce n’est pas parce qu’on reconnaît une connaissance qu’on la connaît et qu’on l’a mémorisée », résument-ils.
Les deux accompagnateurs scolaires racontent avoir découvert des citations inventées ou des réponses inexactes utilisées dans des devoirs. Un vers entièrement créé par une IA a même été utilisé par un élève pour préparer un oral de français. « On a regardé, on a vérifié. C’était une jolie phrase mais elle n’existait pas », explique Salomé Perette-Jolly.
Pour le duo toulousain, le problème vient aussi de “l’illusion de maîtrise”. Certains élèves pensent connaître un chapitre après une simple relecture ou après avoir demandé une explication à une IA. D’autres préfèrent demander directement une réponse avant même d’essayer de réfléchir seuls. « Ils ont parfois tellement peur de se tromper qu’ils préfèrent sous-traiter leur réflexion à l’IA », détaille Maxime Boiscassy.
Une plateforme née à Toulouse
C’est à partir de ce constat qu’est née Quizélia. Le site propose aujourd’hui plus de 6 700 quiz interactifs dans 52 matières, de la Seconde à la Terminale, avec des contenus construits à partir des programmes du Bulletin officiel de l’Éducation nationale. Chaque quiz correspond à une partie précise du cours. Les élèves répondent à différents types de questions. Certaines portent sur des définitions, d’autres demandent d’expliquer un mécanisme ou de reconnaître une notion dans un exemple concret. Le but reste toujours le même : vérifier ce qui est réellement compris et non simplement reconnu.
Ensuite, la correction apparaît immédiatement après chaque réponse et ne se contente pas d’indiquer si le résultat est juste ou faux. Elle explique aussi pourquoi l’élève s’est trompé et ce qu’il a pu confondre. « Ce n’est pas juste je révise sur Quizélia. C’est j’apprends sur Quizélia et je peux ainsi réviser ensuite », explique le cofondateur de la plateforme.
À la fin du quiz, une fiche personnalisée reprend uniquement les notions non maîtrisées. Les élèves peuvent ainsi identifier rapidement les points à retravailler sans reprendre l’intégralité d’un chapitre. « Ça leur permet de savoir où ils en sont et d’arrêter de se sentir perdus », ajoute la professionnelle du soutien scolaire.
« L’élève devient actif »
Quizélia repose en effet sur “l’effet test”, une méthode utilisée dans les sciences cognitives. Le principe consiste à se tester régulièrement plutôt qu’à relire passivement son cours. Pour Salomé Perette-Jolly et Maxime Boiscassy, cette méthode change le rapport aux révisions. « L’élève devient actif. C’est un engagement », soulignent les créateurs de contenus pédagogiques.
Les lycéens peuvent aussi suivre leurs progrès au fil des révisions et se fixer des objectifs quotidiens. Certains refont plusieurs fois le même quiz afin d’améliorer leur score ou de vérifier qu’une notion est bien retenue. Le côté ludique joue également un rôle important dans leur motivation. Des badges apparaissent selon l’avancée des révisions et plusieurs abonnés utilisent désormais la plateforme comme un jeu, avec l’envie de progresser un peu chaque jour. Les premiers retours des familles portent surtout sur l’organisation et la confiance retrouvée avant les examens. Plusieurs parents expliquent voir leurs enfants reprendre un rythme de travail plus régulier.
Apprendre à utiliser l’IA sans perdre ses repères
Les créateurs de Quizélia ne souhaitent pourtant pas opposer intelligence artificielle et apprentissage. Les deux professionnels du soutien scolaire utilisent aussi ces outils avec leurs élèves afin de leur apprendre à vérifier une source, comparer plusieurs réponses ou repérer une erreur. « L’IA peut être très utile sur beaucoup de choses. Nous ne sommes ni en opposition, ni en confrontation », précise Salomé Perette-Jolly.
À quelques semaines des épreuves de 2026, leur conseil reste donc simple : éviter de multiplier les supports et commencer par identifier ce qui est réellement maîtrisé. Pour le couple, l’objectif reste surtout de redonner confiance aux lycéens face aux révisions et à la pression des examens. « Ils ont déjà tout en eux. C’est juste comment ils se révèlent », concluent les entrepreneurs toulousains.

















