Ce nouveau règlement de comptes secoue le trafic de drogue aux Izards. Un suspect de 29 ans, interpellé quelques heures après la mort par balle d’un guetteur, est mis en examen, ce matin, pour « meurtre en bande organisée ».
Il s’est montré très peu bavard en garde à vue. Conscient que moins il en disait, mieux cela valait ? Soupçonné d’avoir abattu un « chouf » de 22 ans sur le point de deal des Izards, ce week-end, un homme de 29 ans a été déféré ce mercredi matin devant la justice.
Sa compagne relâchée sans charge
Ce suspect au « parcours de petit délinquant, inconnu jusqu’alors pour des faits de nature criminelle », selon son avocate Me Jessica Guy, doit être mis en examen par un juge d’instruction pour plusieurs chefs : « meurtre en bande organisée », « association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime en bande organisée » et « détention de munitions », d’après l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Toulouse.
Si l’arme utilisée cette nuit-là n’a pas été retrouvée, des balles ont été saisies en perquisition à son domicile. Placée en garde à vue, sa compagne de 28 ans a également été déférée en vue d’une possible mise en examen pour complicité.
Le clan historique des Izards
Comment les policiers sont-ils remontés aussi vite, cette fameuse nuit de samedi à dimanche, sur cet individu ? C’est l’une des nombreuses questions auxquelles sera soumis le procureur de Toulouse, David Charmatz, qui tiendra une conférence de presse cette après-midi sur ce nouveau règlement de comptes dans la Ville rose, gangrenée – comme tant d’autres – par le trafic de drogue.
Dans les dossiers des forces de l’ordre, le suspect est connu pour fréquenter le clan historique qui tenait le point de deal des Izards d’une poigne de fer, quand celui-ci générait près de 40 000 euros de chiffre d’affaires par jour.
« Tous les gros sont en prison »
Selon nos sources, l’homme qui a perdu la vie, atteint au flanc par un projectile de 9 mm, n’était sans doute pas l’objectif numéro un du tireur. Plusieurs coups de feu ont retenti rue des Chamois, samedi, vers 23 heures. Et si la cible était en réalité le gestionnaire du trafic, peut-être présent ce soir-là ? Et si ce règlement de comptes n’avait d’autre but que de (re) prendre le contrôle du « four » dans le sang, en marquant les esprits ?
À ce stade, les enquêteurs s’interrogent sur le possible cerveau de l’opération. « Tous les ‘gros’ sont en prison », assure l’un des connaisseurs du dossier, suite aux récentes et lourdes condamnations du clan historique des Izards après la guerre qui avait ensanglanté le quartier à l’été 2020. Un ordre de passer à l’action émis de derrière les barreaux ? « Pas impossible… », élude-t-il.
« Des antécédents de stups »
Dépeint comme une sorte de « relais entre les générations », le mis en cause a été appréhendé par la BRI à Roques (Haute-Garonne), dans la nuit de samedi à dimanche, une poignée d’heures seulement après le meurtre.
« Il ne vit pas aux Izards », relève son avocate qui l’a déjà eu pour client dans le passé. Me Jessica Guy dépeint un jeune homme « avec des antécédents de stups », mais dont la plus lourde condamnation à ce stade se résumait à deux ans de prison. Il encourt désormais la perpétuité.
À l’issue de sa mise en examen, le suspect sera présenté au juge des libertés pour un probable placement en détention provisoire. C’est du moins ce que le parquet appelle de ses vœux. Reste désormais à déterminer dans cette affaire le mobile exact et l’hypothétique cerveau de cette « bande organisée ».













