Alors que le Premier ministre est attendu à Toulouse ce jeudi pour évoquer le dossier incertain de la LGV Bordeaux-Toulouse, le président du Conseil d’orientation des infrastructures était l’invité d’ICI Occitanie. Le COI vient de rendre un avis très attendu sur l’intérêt du projet.
L’Etat va-t-il tenir ses engagements autour de la ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux ? Les nuages s’accumulent depuis plusieurs mois dans un contexte de restriction budgétaire et alors que l’État doit prendre en charge 40 % du coût des travaux. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, est attendu à Toulouse ce jeudi pour éclaircir la position du gouvernement.
Une hausse du budget de 20 %
L’exécutif a sûrement lu avec intérêt l’avis rendu par le Conseil d’orientation des infrastructures, un organe indépendant rattaché au ministère des Transports. Il a été publié ce mercredi soir avec parmi les points principaux une alerte sur une hausse des coûts et des délais difficilement tenable. Le président du COI était l’invité d’ICI Occitanie pour expliquer cet avis rendu.
David Valence a indiqué que le coût de cette ligne LGV Toulouse-Bordeaux devait être réévalué à 10,4 milliards d’euros, soit une augmentation de 20 % par rapport aux estimations initiales. Il indique aussi que la mise en service pour 2032 est techniquement peu réaliste et parle plutôt de 2035.
Concernant le financement, il estime que toutes les pistes n’ont pas été explorées. « On a écrit que la question du mode de réalisation, c’est-à-dire maîtrise d’ouvrage public ou s’associer au privé, devait être posée. On précise cependant que la SNCF-Réseau ne doit pas financer ce projet. Elle doit garder son argent pour les lignes qui nécessitent une rénovation. Et puis, la solution d’un partenariat public/privé ou celle d’une concession doit être étudiées. »
La LGV au détriment du RER métropolitain ?
Il met en avant que le financement de cette ligne pourrait se faire au détriment d’autres projets structurants dans la région. « On pense notamment aux SERM, le RER toulousain, avec l’idée de renforcer les trains autour de Toulouse. Ce projet-là va coûter au moins 4 milliards d’euros, avec une mise en service envisagée en 2040. Mais ce qu’on craint, c’est que la multiplication des projets se fasse au détriment de projets de mobilité du quotidien. On a émis un point de vigilance. Ce n’est pas une façon d’empêcher le projet de la LGV, mais c’est une façon d’éclairer la décision du gouvernement. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














