Sept ans après la mort de cinq résidents de l’Ehpad du Lherm, le dossier vient d’être ébranlé par une nouvelle décision de justice. Le tribunal de Toulouse relève un vice de procédure, invalidant le témoignage d’un expert clé, qui avait soulevé les manquements de l’établissement.
De la « tristesse », du « désespoir », et une immense incompréhension. Ce jeudi 7 mai, la dernière décision du tribunal de Toulouse a agit comme un coup de massue derrière la tête des parties civiles dans l’affaire de l’Ehpad du Lherm. Fin mars 2019, cinq résidents de cet Ehpad du sud de Toulouse ont perdu la vie, suite à une intoxication alimentaire. Une série de décès qui avaient ébranlé le midi toulousain, et provoqué la venue de la ministre de la santé de l’époque, Agnès Buzyn, qui avait promis une enquête rapide. En 2026, l’enquête n’est toujours pas terminée, et l’annulation d’un témoignage clé ce jeudi matin n’arrange rien.
Un vice de procédure « incompréhensible »
Le dernier épisode, c’est l’invalidation par la justice du témoignage d’un expert clé, celui du technicien qui avait précisément identifié toutes les failles ayant mené à l’intoxication fatale de cinq résidents. Le problème : ce technicien n’a pas prêté serment avant de témoigner. Une prestation de serment essentielle et surtout « automatique » en temps normal, dont les avocats des parties civiles Mes Le Bonjour et Raynaud de Lage n’arrivent pas à comprendre l’absence. « C’est incompréhensible. Cela fait partie des actes qui sont normalement fait de manière automatique, c’est un papier à signer. Si j’ai bien compris, le papier existe mais n’est pas signé« , explique Me Le Bonjour. Les parties ont bien tenté de faire valoir que ce n’est peut-être pas le bon papier, que la version signée se cache peut-être ailleurs, en vain. « Pourquoi les vérifications n’ont pas été faites en bonne et due forme ? Aujourd’hui, ce qui vient de se passer est inaudible pour les familles des victimes, et personne n’est en mesure de donner des explications« , complète Me Raynaud de Lage.
Un dossier qui traine depuis 7 ans
Ce témoigne clé ébranle sérieusement un dossier qui traîne depuis sept ans.**** « Et c’est d’autant plus dommage que ce qui s’est passé à l’Ehpad du Lherm a mis en lumière toutes les défaillances de ces établissements, d’autres témoignages ont suivi ensuite partout en France« , souligne Me Le Bonjour. « C’est certain que cela va nous compliquer la tâche, mais heureusement, ce dossier ne repose pas uniquement sur ce témoignage. Le suite est encore floue, il faudra voir s’il y a possibilité de retrouver des scellés qui permettraient de refaire l’expertise en bonne et due forme, mais ça dépend de leur état, de comment ils ont été conservés, ce qui a périmé et ce qui ne l’est pas…« , anticipe Me Raynaud de Lage.
De son côté, Me Le Bonjour pose la question de l’engagement de la responsabilité de l’État. « Sur la durée, sur la façon et sur la faute qui a été commise, ce n’est pas la responsabilité du juge, puisque sa profession le rend irresponsable, et c’est l’État qui responsable. Et c’est peut-être devant l’État qu’il va falloir que l’on se retourne pour avoir quelqu’un qui assume ce naufrage judicaire. » Une suite possible pour l’instant pas envisagée par Me Raynaud de Lage : « Ce n’est pas ça qui est recherché par mes clients, ça ne refera pas revivre leur maman décédée. Eux ce qu’ils veulent, c’est que les véritables responsables soient mis face à leurs responsabilités. Il faut des choses concrètes.«
Pour autant, les mises en examen ne sont elles pas remises en cause, « même si elles sont vidées de leur substance » conclut Me Le Bonjour.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















