Installée au bord de la Garonne, au quai de la Daurade, avec des amis le 2 mai 2025, Mandy a aperçu deux très jeunes enfants jouer seuls près de l’eau. Quelques secondes plus tard, l’un d’eux disparaissait sous la surface. Sans réfléchir, la jeune femme s’est précipitée pour le sortir de l’eau. Un sauvetage éclair qui l’a profondément marquée.
« Je n’ai pas réfléchi, j’ai couru. » Un an après avoir sauvé un enfant de la noyade au quai de la Daurade, Mandy, une Toulousaine, reste hantée par ces quelques secondes où tout a basculé. Un an après les faits, qui se sont déroulés le 2 mai 2025, elle peine encore à trouver les mots pour décrire ce qu’elle appelle « la peur de sa vie ».
Ce soir-là, entre 18 h et 19 h, le groupe savoure une fin d’après-midi ensoleillée sur les berges, au rythme de la musique. Mais rapidement, quelque chose interpelle la jeune mère de famille : deux garçons, âgés d’environ quatre ans maximum, jouent seuls à quelques centimètres du fleuve. « Je les regardais du coin de l’œil en me demandant où étaient les parents. Les petits s’approchaient trop dangereusement », raconte-t-elle. Mandy continue de surveiller discrètement les enfants, habitée par un mauvais pressentiment.
« Il avait la bouche ouverte sous l’eau »
Quelques minutes plus tard, le drame manque de se produire. L’un des enfants disparaît soudainement sous la surface. « J’étais en train de fumer une cigarette. J’ai tout lâché et je suis partie en courant », se souvient-elle. Le petit garçon se trouve alors entièrement immergé. « Cette image, je ne l’oublierai jamais. Il avait tout le corps sous l’eau, les bras levés et la bouche ouverte », décrit-elle, encore bouleversée.
Mandy se jette au sol pour attraper l’enfant, rejointe par son mari qui l’aide à le sortir de l’eau. Heureusement, le garçon n’est resté immergé qu’une poignée de secondes. « Je pense que je l’ai vu tomber immédiatement. S’il était resté plus longtemps, cela aurait pu être dramatique », souffle-t-elle.
Une scène tendue après le sauvetage
Passé le choc, la jeune femme cherche les parents. Selon elle, la mère se trouvait plus haut, derrière le bateau pirate de l’aire de jeux, sans visibilité sur le fleuve. « J’ai crié pour savoir à qui étaient les enfants. J’étais en colère, mais surtout terrorisée », raconte Mandy. La discussion dégénère pourtant rapidement. « Quand je leur ai dit que leur enfant avait failli mourir, plusieurs personnes se sont énervées contre moi et m’insultaient dans une langue que je ne comprenais pas. » Des témoins ont dû s’interposer pour calmer la situation.
Depuis cet épisode, Mandy ne réussit pas à effacer cette scène de sa mémoire : « Je tremblais de partout. Aujourd’hui encore, j’ai l’image du petit sous l’eau dans la tête. » Elle a publié un message sur Facebook dans l’espoir d’obtenir des nouvelles. « Je veux juste savoir s’il va bien », glisse-t-elle simplement.
















