Entre explosions de tarifs et annulations surprises, les voyageurs font face à un véritable parcours du combattant pour s’envoler cet été. De nombreux passagers dénoncent une situation « anxiogène » et un manque de considération de la part des transporteurs.
Linda se fait du mauvais sang. Au mois d’août, cette mère de famille toulousaine va voir sa fille Sophie* partir aux États-Unis, dans le cadre de ses études supérieures : « C’est la première fois qu’elle part aussi loin », s’émeut-elle. Pourtant, à trois mois de l’échéance, ce voyage s’impose déjà comme un véritable casse-tête. Hausse fulgurante des prix, annulations de vols… Linda vit bien malgré elle la crise du kérosène dans le secteur de l’aviation.
Tout commence il y a quelques semaines, alors que la Toulousaine souhaitait réserver les billets d’avion qui devaient les amener, elle et sa fille, de l’autre côté de l’Atlantique. « En quelques jours, on est passé de 450 euros par billet à près de 1 000 euros ». Linda se rend à l’évidence : elle ne pourra pas accompagner sa fille aux États-Unis. La voilà donc qui réserve un billet pour Sophie : la jeune femme devra voyager seule, en transitant par les aéroports de Madrid (Espagne) et de Dallas (États-Unis), avant d’arriver à destination, dans la ville d’Omaha (Nebraska).
Vient le coup de stress : il y a quelques jours, le voyagiste a informé la Toulousaine que le dernier vol – qui doit permettre à Sophie de rallier Dallas à Omaha – a été annulé… sans aucune explication à la clé. Linda se retrouve à devoir modifier l’intégralité des billets de sa fille. Cette dernière devra partir une semaine plus tôt que prévu : « Ça nous a obligés à trouver une solution d’hébergement en urgence, souffle la mère de famille. Par chance, l’université a accepté de loger gratuitement ma fille pour une semaine ». L’intéressée décrit une « situation terriblement anxiogène » et croise désormais les doigts pour qu’aucun autre vol ne soit annulé.
« Aujourd’hui, on ne se fait plus d’illusions »
Si Linda a eu la chance d’avoir été informée de cette annulation, ce n’est pas le cas de Colette. Cette septuagénaire originaire de Bordeaux (Gironde) a récemment souhaité partir en voyage à Prague (République tchèque) entre amis. En novembre dernier, la retraitée a donc réservé un total de neuf billets d’avion en passant par la plateforme Booking, pour un voyage prévu entre le 25 et le 29 avril. Alors qu’elle procédait à l’enregistrement des passagers, 24 heures avant le décollage, la septuagénaire se retrouve étrangement bloquée dans sa démarche. Le groupe d’amis, qui devait transiter par Munich avant de se rendre à Prague, ne peut s’enregistrer à bord.
Colette contacte alors la compagnie aérienne – Lufthansa – qui lui informe alors, à sa plus grande surprise, que ce vol est annulé. Impossible pour le transporteur aérien de modifier les billets du groupe : « Nous étions trop nombreux », évoque cette dernière. La Bordelaise, qui ne manque pas d’audace, a alors insisté : « Et pour six passagers ? » Dans le cadre de ce voyage, trois personnes seront laissées sur le banc de touche. La compagnie aérienne va procéder au remboursement de trois billets allers… Mais Colette bataille aujourd’hui encore pour obtenir un dédommagement pour les billets retour. « Lufthansa et Booking se sont rejeté la responsabilité, l’un parce que nous avions payé les vols à Booking et les autres parce que nous avions téléphoné directement à Lufthansa, déplore cette dernière. Aujourd’hui, on ne se fait plus d’illusions ».
Même constat pour Laurent, qui a réservé deux billets avec sa compagne pour partir en juin prochain dans les Açores, ces îles portugaises en plein milieu de l’Atlantique. Pas d’annulation pour ces Toulousains… mais sans en avoir été informés, leur compagnie aérienne a été contrainte d’avancer leur retour d’une journée. « On perd une journée d’hôtel, déplore le sexagénaire. Impossible pour nous de modifier notre réservation, on doit obligatoirement passer trois nuits minimum sur site ». Le plus pénalisant pour Laurent a été sans doute la logistique : « Nous avons passé une demi-journée à revoir toute notre organisation ». Pas franchement de quoi partir l’esprit tranquille.













