Encore discrète au printemps, l’ambroisie gagne pourtant du terrain en Haute-Garonne. Très allergisante, cette plante invasive originaire d’Amérique du Nord doit être repérée et détruite avant l’été pour limiter les risques sanitaires et freiner sa propagation. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance avant le pic de pollinisation de la fin de l’été. Face à cette invasion, chacun peut contribuer à limiter sa progression.
Derrière son doux nom aux consonances antiques et ses allures inoffensives de fougère se cache une plante des plus nuisibles, responsable chaque été de fortes allergies à cause de son pollen particulièrement allergisant. Son nom : l’ambroisie à feuilles d’armoise.
Au cœur du printemps, l’ambroisie commence à réapparaître dans les jardins et les champs. « C’est justement le bon moment pour en parler, parce qu’on peut la repérer tôt et agir avant qu’elle ne se développe », souligne Anne-Marie Ducasse, coordinatrice de la lutte contre les ambroisies à Fredon Occitanie. Chaque année, en Haute-Garonne comme partout en France, l’espèce gagne du terrain.

Plusieurs secteurs de Haute-Garonne sont particulièrement touchés, notamment dans la plaine du Lauragais et en périphérie de Toulouse. Deux référents ambroisie sont d’ailleurs en poste à la mairie de Toulouse pour prévenir son avancée depuis 2019.
À Toulouse même, « la présence d’ambroisie reste limitée et ponctuelle. Les foyers observés concernent principalement des zones en friche ou autour des cours d’eau, ainsi que des chantiers », précise la municipalité.
Des allergies invalidantes qui touchent de très nombreuses personnes
Toutefois, de nouveaux foyers apparaissent régulièrement et il est difficile de s’en débarrasser complètement. Une fois installée, il faut surtout gérer sa présence sur le long terme.
« Mais le principal danger reste son pollen extrêmement allergisant. Elle est d’ailleurs réglementée pour cette raison, en tant qu’enjeu de santé humaine. On estime que cela peut concerner entre 10 et 20 % de la population. Ce sont des allergies cumulatives : on peut y être exposé plusieurs années avant de devenir allergique », explique Anne-Marie Ducasse. Elle fleurit en août-septembre, et c’est à ce moment-là qu’elle libère son pollen. L’objectif est donc d’intervenir avant cette période, idéalement avant la formation des fleurs et des graines.
Que faire si vous l’apercevez ?
En cas de détection, en agriculture, il existe plusieurs techniques. « Par exemple, éviter les cultures de printemps, qui favorisent son développement, et privilégier les cultures d’hiver comme les céréales à paille ou le colza. Il est aussi recommandé de pratiquer des passages mécaniques en été, pendant les intercultures, pour détruire les plants avant qu’ils ne grainent. »
Si vous apercevez la plante, le bon réflexe est de la signaler via la plateforme de l’Observatoire des ambroisies. Il est recommandé d’envoyer une photo pour permettre la vérification. « Ces signalements permettent d’alerter les communes et les coordinateurs départementaux, qui peuvent ensuite organiser des actions : information, réunions ou chantiers d’arrachage. »

Fredon Occitanie intervient comme coordinateur régional et sur les départements du 11, du 66, du 46, du 30 et du 48. Sur les autres départements, les coordinateurs sont des centres permanents d’initiatives pour l’environnement. En lien avec le CPIE Terres Toulousaines et l’ARS Occitanie, la municipalité toulousaine multiplie les actions contre l’ambroisie : surveillance des zones à risque, arrachage des plants détectés, campagnes d’information auprès du public et formation des agents municipaux.
L’ambroisie n’est toutefois pas la seule espèce surveillée.
Le datura, qui est une plante très toxique, ou encore la berce du Caucase, qui provoque des réactions cutanées graves, sont désormais suivis dans un dispositif élargi appelé « Observatoire des espèces à enjeu pour la santé humaine ». Les chenilles processionnaires en font aussi partie.
La vigilance est donc de mise dès ce printemps. La plante est encore discrète, mais c’est le moment idéal pour la repérer et agir. Intervenir tôt permet de limiter sa propagation et surtout d’éviter les émissions de pollen en fin d’été, qui posent de véritables problèmes de santé publique.
Pour quelles raisons est-elle si allergène ?
L’Ambrosia artemisiifolia de son nom latin est particulièrement allergène car elle produit une très grande quantité de pollen, extrêmement léger et facilement transporté par le vent sur plusieurs kilomètres. Son pollen contient des protéines très irritantes pour certaines personnes : quelques grains suffisent parfois à déclencher des symptômes comme des éternuements, des rhinites, des conjonctivites ou des crises d’asthme dès lors que l’on est devenu allergique. Sa floraison, entre août et septembre, correspond à une période où il y a très peu d’autres plantes allergisantes.














