À Argelès-sur-Mer, la nouvelle unité de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) entre en service. Dès la semaine prochaine, 56 exploitations agricoles des Pyrénées-Orientales pourront irriguer jusqu’à 700 hectares grâce à cette ressource alternative, mise en place après plusieurs années de sécheresse.
Dans un département durablement marqué par les restrictions d’eau, une nouvelle infrastructure vient renforcer les solutions alternatives destinées au monde agricole. À Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, le site de réutilisation des eaux usées traitées (REUT), visant à valoriser les eaux issues de l’assainissement collectif, entrera en exploitation à partir de la semaine prochaine. Son objectif : fournir une ressource complémentaire à plusieurs dizaines d’exploitations locales et réduire la dépendance aux prélèvements dans le milieu naturel.
Le projet a été présenté ce mardi 12 mai lors d’une visite institutionnelle, réunissant notamment la présidente de Région, Carole Delga, aux côtés de représentants de l’État, des collectivités locales et des acteurs économiques du territoire. Porté par la Communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large d’adaptation aux tensions hydriques observées dans le département depuis plusieurs années.
Une ressource issue de l’assainissement pour alimenter les exploitations
Concrètement, les eaux traitées en sortie de la station d’épuration d’Argelès-sur-Mer ne seront plus rejetées directement dans le milieu naturel. Après une étape supplémentaire de purification, elles seront redirigées vers les terres agricoles grâce à un réseau enterré de 17 kilomètres.
L’installation doit produire jusqu’à 1,2 million de mètres cubes d’eau par an et alimenter, dans un premier temps, 56 exploitations, principalement spécialisées dans la viticulture et l’arboriculture. Entre 650 et 700 hectares pourraient ainsi bénéficier de cette nouvelle ressource pendant la période d’exploitation prévue d’avril à septembre.
Un investissement structurant pour l’après-sécheresse
Engagé à la suite des épisodes de sécheresse qui ont touché les Pyrénées-Orientales entre 2022 et 2024, le chantier représente plus de 13 millions d’euros d’investissement, financés en grande partie par des fonds publics et européens. Pour Carole Delga, ce type d’équipement dépasse l’échelle locale : « C’est une innovation, c’est pourquoi beaucoup de financement public, 80%, ont été engagés. C’est un démonstrateur à l’échelle nationale et européenne. »
À plus long terme, les responsables du site envisagent déjà d’élargir la période annuelle de fonctionnement de l’installation et d’étudier d’autres débouchés pour cette eau recyclée, notamment pour certaines productions agricoles ou des usages techniques des collectivités.


















