La chambre régionale des comptes critique l’organisation de la communauté d’agglomération du Muretain. Dans un rapport, elle estime que le fonctionnement “à la carte” avec les communes fait fortement augmenter les dépenses de personnel et les effectifs.
La chambre régionale des comptes (CRC) épingle l’organisation de la communauté d’agglomération du Muretain. Elle estime que le fonctionnement “à la carte” entre l’intercommunalité et les communes contribue à faire fortement augmenter les dépenses de personnel. La masse salariale du territoire a progressé beaucoup plus vite que la population entre 2019 et 2024.
« Les compétences demeurent éclatées entre une myriade d’acteurs », écrit la juridiction financière dans un rapport publié le 16 avril 2026. « Cette organisation complexe peut générer in fine des sureffectifs et donc des surcoûts pour le contribuable. »
Une organisation différente des autres agglomérations
Le rapport souligne que, contrairement à la plupart des intercommunalités comparables, la communauté d’agglomération du Muretain assure de nombreux services de proximité habituellement gérés par les communes. Cela concerne notamment les centres de loisirs, les ATSEM, le nettoyage des locaux publics ou encore certains services liés à la petite enfance.
La chambre régionale des comptes décrit aussi une répartition asymétrique des compétences. Certaines communes choisissent ou non de confier des missions à l’agglomération. Ce fonctionnement est qualifié de gestion « à la carte » dans le rapport.
- Problème : ce modèle a des conséquences directes sur les effectifs et les coûts, selon les magistrats financiers. La communauté d’agglomération compte 11,2 agents pour 1 000 habitants en 2024, contre 4,6 en moyenne pour les intercommunalités comparables.
Des dépenses de personnel en forte hausse
Les dépenses de personnel de la collectivité du Muretain représentaient 57,9 millions d’euros en 2024 sur le budget principal. Tous budgets confondus, elles atteignaient 58,1 millions d’euros. Cela représente 441 euros par habitant, soit près du double de la moyenne observée dans les communautés similaires.
Entre 2019 et 2024, ces dépenses ont augmenté de 18%, soit 8,2 millions d’euros supplémentaires. La chambre régionale des comptes explique cette hausse par plusieurs éléments, notamment la croissance démographique, les revalorisations salariales décidées par l’État et les recrutements réalisés par la collectivité.
À l’échelle de l’ensemble intercommunal, c’est-à-dire l’agglomération et les communes membres, la masse salariale atteignait 106 millions d’euros en 2024. Elle représentait 59% des charges de gestion. Sur la période, cette masse salariale a progressé de 22,4%, alors que la population n’a augmenté que de 8,1%.
La chambre régionale des comptes estime enfin que l’information transmise aux élus sur les ressources humaines est incomplète malgré un pilotage renforcé de la direction des ressources humaines mutualisée.
L’absentéisme est aussi problématique
Un autre rapport de la chambre régionale des comptes publié le 11 mai pointe un niveau d’absentéisme jugé élevé au sein de la communauté d’agglomération du Muretain et de la commune de Muret. Les magistrats financiers estiment que cette situation pèse directement sur l’organisation des services et sur la gestion des ressources humaines.
Selon la CRC, « les taux d’absentéisme de la communauté d’agglomération et de la commune sont particulièrement élevés et génèrent une perte en équivalents temps pleins conséquente ». Le rapport précise également que les deux collectivités « doivent donc impérativement renforcer leurs mesures de prévention », notamment à travers un plan de prévention des risques professionnels.
Une population en hausse autour de Toulouse
Le territoire du Muretain compte 26 communes et plus de 131 000 habitants. La chambre régionale des comptes note que la croissance du secteur est liée à la proximité de Toulouse et à son attractivité économique.
Le territoire doit répondre à des besoins importants en services publics. La communauté d’agglomération gère ainsi 29 crèches, 70 écoles, quatre centres sociaux et plusieurs équipements liés aux familles.














