« Je ne peux pas accepter que de telles peines soient requises sans qu’elles soient motivées », s’est enhardi Me Guillaume Leguevaques, ce mercredi 13 mai, au deuxième jour du procès de cinq hommes poursuivis pour la séquestration de Sofiane, du 9 au 11 mai 2024, sur fond de trafic de stupéfiants, avant de lui dérober 60 000 euros.
L’avocat s’en est ensuite pris aux failles du dossier. « Comment peut-on me dire qu’Ilyes était présent sur les lieux alors que les faits ont commencé à 17 heures et que son téléphone ne borne que le soir ? », interroge-t-il devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Comme lui, Mes Camélia Dilmi, Valère El Alami, Nicolas Raynaud de Lage et Majouba Saihi ont, tour à tour, tenté d’ébranler les réquisitions prononcées la veille par le parquet. Tous dénoncent des peines jugées disproportionnées au regard des éléments du dossier et des profils des prévenus.
Me Nicolas Raynaud de Lage, avocat de Joyce, a notamment insisté sur « l’absence de virginité intégrale » de la victime, rappelant l’implication de Sofiane dans le trafic de stupéfiants et les relations troubles qui unissaient les protagonistes et les réseaux concurrents.
« Une cécité opportune… »
À la barre, Mes Saihi et El Alami ont préféré déplacer le regard vers les parcours personnels de leurs clients. Me El Alami a décrit Cyril comme « un homme ordinaire de 48 ans, qui travaille, paie ses impôts, a une famille », avant d’ajouter : « Et qui, du jour au lendemain, commet le premier et dernier délit de sa vie. »
Restait enfin le cas le plus sensible du dossier : celui d’Alain T., présenté durant l’enquête comme l’un des barons de « Tourneuf’ la puf », cette organisation de narcotrafic toulousaine déjà connue de la justice. Pour lui, la procureure avait requis dix ans de prison.
Face à cette image de chef redouté, Me Camélia Dilmi s’est attachée à détricoter, pièce après pièce, la mécanique accusatoire. L’avocate a dénoncé la « cécité opportune de certains » et regretté une lecture à charge du comportement de son client. « Lorsqu’Alain ne dit rien, on le lui reproche. Lorsqu’il parle, on lui rétorque qu’il ment », a-t-elle lancé.
Ces longues plaidoiries ont manifestement pesé dans l’esprit des magistrats. Après une heure et demie de délibéré, les cinq hommes ont tous été condamnés, mais les peines prononcées sont restées en deçà des réquisitions du parquet.
Selon leur degré d’implication, ils écopent de peines allant de trois à six ans d’emprisonnement. Alain T., pour lequel dix ans avaient été requis, a finalement été condamné à six ans de prison.















