EXCLUSIF. Soupçonnée d’avoir détourné plus de 330 000 € au préjudice de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), une dentiste toulousaine de 56 ans a été placée en garde à vue mardi 19 mai 2026. En facturant massivement des soins fictifs au nom de bénéficiaires de la CMU, la praticienne avait mis en place une vaste fraude financière dont une grande partie des fonds a été transférée vers l’étranger.
Sur le réseau Doctolib, sa page de rendez-vous fonctionne normalement. Rien ne laisse présager que son quotidien a été bouleversé par son placement en garde à vue le 19 mai 2026. Cette dentiste basée à Toulouse est suspectée d’avoir arnaqué la CPAM pour un montant supérieur à 330 000 €.
Des centaines d’actes fictifs facturés à la Sécurité sociale
L’affaire menée par la brigade financière de la rive gauche démarre par un signalement des organismes de santé. Entre 2020 et 2023, des couronnes, pansements et autres soins dentaires ont été facturés à la CPAM par cette praticienne roumaine, installée dans la Ville rose. Ces actes étaient déclarés au nom de patients bénéficiant de la CMU. Les malades sous ce régime de soins n’effectuent aucune avance de frais, les honoraires sont directement versés par l’Assurance maladie sur le compte du cabinet. En recoupant les informations, la CPAM s’est aperçue qu’une majorité des prestations remboursées n’avaient jamais été réalisées.
Aidées par le Groupe interministériel de recherche (GIR) de Toulouse, spécialiste des analyses financières, les forces de l’ordre étudient très sérieusement les comptes de la suspecte, ainsi que ceux de sa société. Les enquêteurs ont ainsi mis au jour des flux financiers suspects vers l’étranger.
Du « pseudo-altruisme » aux transferts de fonds vers l’étranger
Après des mois de filatures et d’études, la praticienne de 56 ans, inconnue de la justice, a été placée en garde à vue le mardi 19 mai 2026. Au cours de son audition, la suspecte a peiné à justifier certaines factures, d’autant que plusieurs de ses patients avaient simultanément reçu des soins identiques chez des confrères. Dos au mur, elle a fini par reconnaître les faits. Devant les enquêteurs, elle a prétendu surfacturer ses prestations pour soigner gratuitement les plus démunis. Sauf que ce « pseudo-altruisme » n’explique pas son soudain enrichissement personnel : plus de 260 000 € ont été transférés à l’étranger en trois ans. Le GIR a aussi constaté un net décalage entre les sommes officiellement perçues grâce à son activité et son niveau de vie.
La justice a ordonné la saisie temporaire de ses comptes bancaires, dont 100 000 € d’assurance-vie. À ce stade des investigations, son patrimoine à l’étranger n’a pas été dévoilé. Elle devrait en revanche être rapidement renvoyée devant le tribunal correctionnel. Ce dossier n’est pas isolé : il rappelle celui d’un autre dentiste haut-garonnais soupçonné d’avoir empoché 180 000 € selon le même mode opératoire, et dont le procès est programmé pour octobre 2026.










