François Piquemal, candidat perdant aux municipales de Toulouse, a déposé un recours au tribunal administratif pour annuler le scrutin. Le député LFI accuse l’extrême droite israélienne d’avoir participé à sa défaite. Le gouvernement s’apprête à confirmer dans un rapport cette ingérence étrangère.
Ils sont trois en réalité à avoir subi cette ingérence étrangère, trois candidats LFI aux élections municipales de mars 2025 : François Piquemal à Toulouse, Sébastien Delogu à Marseille et David Guiraud à Roubaix. Tous trois, accompagnés de leurs avocats, ont organisé ce 20 mai une conférence de presse à Paris, après les révélations du Canard Enchaîné , et celles de Libération .
« Je souhaite la vérité »
François Piquemal, battu par le candidat de la droite à Toulouse avec 44% des voix contre 56%, est revenu dans le détail sur ces ingérences, dont l’existence a été confirmée en haut lieu. « *I**l y a eu la divulgation de mon adresse postale personnelle, on m’a volé les mots de passe de mes comptes sur les réseaux sociaux. Mais il y a surtout eu une campagne de dénigrement par de faux comptes sur les réseaux, évoquant des liens criminels. Par ailleurs, les sites de Vinted, la Dépêche du Midi et Candycrush ont publié de *fausses publicités faisant circuler de fausses informations à mon propos« , énumère le conseiller municipal d’opposition à Toulouse.
« On peut supputer légitimement qu’elles viennent des mêmes sources d’ingérence étrangère, c’est-à-dire d’entités qui sont proches de M. Netanyahou et de l’extrême droite israélienne. Et je rappelle que mon adversaire politique a pris fait et cause depuis longtemps pour le gouvernement de M. Netanyahu. Une de ses adjointes nie le génocide à Gaza. Il y a le jumelage avec Tel Aviv qui est en jeu. Bref, il y avait un contexte lié à la question du droit international, du droit pour les Palestiniens à l’autodétermination et de l’arrêt du génocide à Gaza qui existait dans la campagne municipale toulousaine. (…) Moi, je ne souhaite que la vérité. Parce que, aujourd’hui, les Toulousains peuvent légitimement se demander si ce n’est pas l’extrême droite israélienne qui a volé l’élection toulousaine. Je le dis clairement« , poursuit François Piquemal.
De la difficulté de mesurer cette influence
Le candidat toulousain a déposé un recours en annulation, dès le 10 mars, devant le tribunal administratif de Toulouse. « Le travail du juge administratif sera de comprendre si ces manœuvres ont altéré la sincérité du scrutin. Il est très difficile de mesurer le nombre de personnes touchées par ces fausses informations, et mesurer si c’est de nature à orienter les votes différemment« , admet son avocat, Xavier Sauvignet. Jean-Luc Moudenc s’est imposé à Toulouse avec plus de 13.000 voix d’écart sur son adversaire de la gauche unie.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé dans la foulée ce mercredi à l’Assemblée nationale qu’une « action judiciaire (était) engagée » sur ces soupçons d’ingérence numérique étrangère, assurant que le rapport sur les ingérences constatées durant le scrutin municipal serait rendu « public« . Cette opération avait été dévoilée dès le mois de mars dernier par Viginum , le service chargé de lutter contre ces manipulations en ligne. Les services français ont mis en lumière le rôle d’une entité liée à des intérêts israéliens.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














