Rassemblés devant le rectorat ce mercredi 20 mai, la fédération nationale de l’enseignement dénonce le licenciement de Séverine Petel, unique médecin de prévention de l’académie de Toulouse. Une décision qu’ils jugent incompréhensible dans un contexte de pénurie déjà critique.
Ce mercredi 20 mai, des enseignants et représentants syndicaux se sont rassemblés devant le rectorat de Toulouse pour dénoncer le licenciement de Séverine Petel, unique médecin de prévention de l’académie depuis deux ans.
Sur place, l’incompréhension et la colère domine. Dans une académie qui compte plus de 50 000 agents, elle était la seule à assurer leur suivi médical. Une situation déjà dénoncée depuis plusieurs années par les syndicats, qui estiment qu’une vingtaine de médecins seraient nécessaire pour répondre correctement aux besoins. En théorie, un médecin du travail est censé suivre environ 2 000 personnes.
« C’est la seule fonction publique qui ne bénéficie pas d’une médecine de prévention digne de ce nom », déplore Annick Camalet, membre de la FNEC FP-FO Toulouse (Fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle).
« C’est un licenciement injustifié »
Selon le personnel mobilisé, le rectorat reprocherait à la médecin des consultations jugées trop longues, ses préconisations ainsi que ses conditions de télétravail, pourtant prévues dans son contrat.
Des arguments que contestent ses soutiens. « C’est un licenciement injustifié, sans motifs réellement valables », estime Jérôme Dalet, représentant syndical. « Nous pensons que le rectorat n’est pas opposé à la presence d’un médecin, dans l’intérêt de l’administration. Le seul problème, c’est que Séverine fait des préconisations qui demandent des moyens. »
Par ailleurs, les manifestants assurent qu’aucune faute grave, aucune mise en danger d’un agent ou erreur de bilan de santé ne lui sont reprochées. Ils décrivent une médecin attentive à l’état des personnels, capable de réduire un temps de travail ou d’aménager un poste lorsqu’un agent se retrouve en situation d’épuisement.
Une médecine du travail presque inexistante
Au-delà du cas de Séverine Petel, les enseignants dénoncent plus largement l’état de la médecine de prévention dans l’Éducation nationale. Certains racontent n’avoir jamais bénéficié de visite médicale en 20, voire 40 ans de carrière.
Les médecins de prévention jouent pourtant un rôle essentiel dans la surveillance des conditions de travail, la prévention des maladies professionnelles et l’accompagnement des personnes en difficulté. Mais ces postes souffrent d’une importante pénurie. « Le rectorat de Toulouse met régulièrement près de deux ans à recruter un médecin du travail », déclare les syndicats. Séverine Petel aurait d’ailleurs affirmé au rectorat, après l’annonce de son licenciement : « Vous ne trouverez personne après moi pour ce travail. »
Une pétition signée 700 fois
La FNEC FP-FO Toulouse demande désormais le retrait du licenciement, des recrutements supplémentaires et une réorganisation du service de médecine de prévention.
Une pétition lancée il y a une quinzaine de jours aurait recueilli près de 700 signatures.
Ilona San













