EXCLUSIF. Un jeune homme de 19 ans est mort le 14 mai à Toulouse après une soirée alcoolisée au cours de laquelle de l’ecstasy aurait été consommée. Deux jeunes hommes sans antécédents, dont le vendeur présumé des cachets, ont été interpellés puis présentés à la justice.
Au départ, ce n’était qu’une envie de drogue au bout d’une nuit trop longue. Une soirée alcoolisée entre amis, dans une habitation de la Côte Pavée, quartier résidentiel de Toulouse le 14 mai 2026 . Les cachets, » des taz » ont été récupérés auprès d’un jeune vendeur qui opérait sous un faux profil sur les réseaux sociaux. Au petit matin, l’un des étudiants, âgé de 19 ans, s’est effondré dans la salle de bains, pris de convulsions. Il est mort quelques heures plus tard au CHU Rangueil. Deux jeunes hommes, âgés de 20 et 21 ans, ont été interpellés en début de semaine et sont présentés à la justice ce mercredi. Fait rarissime, l’un d’eux est soupçonné d’homicide involontaire, il est défendu par Me Guillaume Conry.
Un arrêt cardiaque
Le décès remonte donc au 14 mai. Selon les premiers éléments de l’enquête, au petit matin, le jeune homme et son meilleur ami auraient voulu consommer de nouveaux cachets. Quelques instants plus tard, la soirée bascule. Le jeune homme de 19 ans convulse. Son ami appelle les secours. Malgré leur intervention rapide, la victime succombe à un arrêt cardiaque en milieu de journée.
Depuis, les enquêteurs de la police nationale tentent de remonter le parcours de ces cachets. L’autopsie et les analyses toxicologiques devront déterminer si la victime a bien ingéré de l’ecstasy, si le produit était fortement dosé ou coupé avec une autre substance, et si une pathologie préexistante a pu jouer un rôle dans le décès.
Les investigations ont conduit les forces de l’ordre jusqu’à un jeune homme soupçonné d’avoir fourni les comprimés. Interpellé en début de semaine, il aurait reconnu vendre depuis plusieurs mois des produits stupéfiants via les réseaux sociaux. Selon ses premières déclarations, il achetait des lots de plusieurs dizaines de cachets autour de 2,50 euros l’unité, avant de les revendre 10 euros.
La perquisition menée à son domicile a permis de retrouver quelques grammes d’ecstasy, mais aussi de la kétamine et de la 3-MMC, autre drogue de synthèse très présente dans certains usages festifs.
L’ami de la victime devant les juges
L’autre jeune homme interpellé est le meilleur ami de la victime. Il aurait expliqué qu’au cours de cette soirée alcoolisée, tous deux avaient eu envie de consommer des « taz » et les avaient partagés. Son rôle précis reste à déterminer.
Les deux jeunes hommes présentent un profil qui tranche avec les représentations ordinaires du trafic. Aucun n’aurait d’antécédents judiciaires. Ni figures de cité, ni revendeurs installés au pied d’un immeuble. Plutôt des jeunes hommes issus de milieux favorisés.
À l’issue de leur garde à vue, les mis en cause ont été présentés à un magistrat, ce mercredi matin. Le parquet doit décider des suites judiciaires. Pour le vendeur présumé, les qualifications pourraient d’abord viser l’acquisition, la détention, l’offre ou la cession de stupéfiants. Reste une question plus lourde : l’enquête permettra-t-elle d’établir un lien direct entre les cachets fournis et la mort du jeune homme, au point d’ouvrir la voie à une qualification d’homicide involontaire ?













