Tout juste rénovée, la salle du conseil municipal de Toulouse a été retrouvée sens dessus dessous ce vendredi 22 mai au Capitole. Une femme de 39 ans a été interpellée après avoir dégradé des chaises et des micros.
Dans la salle du conseil municipal, les micros gisent au sol. Des chaises sont renversées, d’autres brisées, projetées par une colère soudaine. Au cœur du Capitole, les rangées de pupitres, d’ordinaire alignées pour les débats de la vie politique toulousaine, offrent ce vendredi 22 mai une image de désordre brutal.
Selon nos informations, ces dégradations auraient été commises par une femme de 39 ans, inconnue des services de police, qui s’était présentée au Capitole dans un état d’agitation manifeste. Elle aurait demandé à être reçue par le maire afin d’évoquer une affaire criminelle. Cette audience ne lui aurait pas été accordée. Elle aurait ensuite effectué la visite de la salle des Illustres avant de changer de pièce. Peu après, plusieurs éléments du mobilier de la salle du conseil municipal ont été dégradés. « Elle hurlait ‘Je veux voir le maire’. Elle a fait peur aux visiteurs. Un agent de sécurité l’a mise à l’écart très vite », glisse une source. Cette trentenaire se serait progressivement calmée tout en enchaînant les propos incohérents.
La suspecte a rapidement été interpellée par la police municipale, avant d’être remise à la police nationale. Son état a été jugé compatible avec une garde à vue. « Sur le moment, elle n’a pas eu une réaction saine d’esprit », reconnaît une source proche du dossier. À ce stade, aucune motivation politique structurée ne se dégage clairement. Selon notre source, il pourrait s’agir d’une histoire liée à la garde d’enfants.
« Un lieu chargé d’histoire… »
La pièce venait tout juste de faire l’objet d’une restauration d’envergure. La mairie de Toulouse avait en effet investi d’importants moyens pour redonner tout son éclat historique à ce patrimoine commun. Pas plus tard que cette semaine, dix bustes historiques restaurés venaient d’ailleurs de réintégrer l’enceinte de la salle après plusieurs mois de travaux méticuleux.
La Ville de Toulouse a annoncé le dépôt d’une plainte. Jean-Luc Moudenc a condamné fermement ces dégradations sur les réseaux sociaux, dénonçant « un profond manque de respect » envers « ce lieu emblématique de la démocratie toulousaine ». Pour le maire, au-delà des dégâts matériels, c’est « un lieu chargé de l’histoire de Toulouse et de sa vie démocratique » qui a été « volontairement piétiné ».
L’affaire a aussi été condamnée par les élus de la majorité municipale comme de l’opposition. Dans cette salle où les désaccords politiques se règlent d’ordinaire par la parole, les micros arrachés ont, cette fois, réuni les élus de tous bords.












