À 53 ans, Maria Toustou a troqué sa place de passagère pour le guidon d’une Harley-Davidson de plus de 300 kilos. Treize ans et cinq motos plus tard, cette habitante de Balma, aux portes de Toulouse, ouvre désormais la route à son mari, motard lui-aussi, et mène sa vie de bikeuse au rythme de leurs voyages, avec une féminité assumée. Portrait d’une grand-mère pas comme les autres.
Depuis qu’elle a passé son permis moto à 53 ans, Maria Toustou est sûre d’une chose : « Je ne serai plus jamais passagère derrière mon mari », annonce-t-elle fièrement. Mieux encore, aujourd’hui, lorsqu’ils s’élancent à deux depuis les hauteurs de Balma, aux portes de Toulouse, où ils résident, c’est elle qui ouvre la route. « Je suis road captain », une fonction qui n’est pas pour déplaire à son mari, Jean-Pierre, lequel « aime bien être sur son rythme » au guidon de sa propre Harley.

« Pendant 6 ans, j’ai organisé les sorties des Ladies of Harley »
En treize ans de pratique, Maria en est déjà à sa cinquième Harley-Davidson. Sa dernière acquisition, une Sport Glide couleur crème de plus de 300 kilos, est un petit bijou. « Elle est facile à piloter même si, pour les manœuvres, c’est un peu plus compliqué », reconnaît la bikeuse.

Sur le dossier de sa selle, Maria a épinglé l’écusson « Ladies of Harley ». Avec son époux, elle fait partie du HOG (Harley Owners Group) à l’intérieur duquel se trouve le Toulouse Chapter France qui réunit les passionnés de la marque, à la concession du boulevard d’Atlanta.
« Pendant six ans, j’ai organisé deux sorties par an, au printemps et à l’automne, nous partions dans la région entre femmes. Ces virées nous ont menées en Espagne, à Caldéa en Andorre, ou encore aux Saintes-Maries-de-la-Mer », précise Maria. Après la Covid, au Chapter Toulouse, cette section a disparu, bien que le club compte toujours une vingtaine de bikeuses actives.
Bottes de moto et escarpins
Pour autant, Maria n’a pas perdu le goût pour les voyages au féminin, à l’image de sa virée pour Octobre rose jusqu’en Italie, où se sont rassemblées 300 motardes, dont 53 Françaises. « Rouler entre filles apporte, selon elle, une complicité unique et une sensation de liberté décuplée », proche de l’ambiance des sorties entre amies, « on s’éclate », dit-elle, le grand air en plus.
Cheveux courts poivre et sel, yeux bleus, bouche carmin, quand elle enlève son casque, Maria le troque immédiatement pour une casquette, « parce qu’on n’est jamais trop bien coiffé ». On peut aimer les grosses cylindrées et rester coquette, Maria en est la preuve. Avec ses bottes de moto, son pantalon noir, son blouson de cuir gris surmonté d’un gilet décoré d’écussons qui retracent toute son « histoire de bikeuse », elle a de l’allure.
À la taille, sa ceinture est équipée de deux mini-sacoches : « Là, j’ai mon porte-monnaie et mon rouge à lèvres ; de l’autre côté, le téléphone », détaille-t-elle. Et lors des escales prolongées où les bikers posent pied à terre, « on sort les escarpins et les tenues pour les soirées », s’amuse-t-elle.
« Bikeuse jusqu’à ce que ce ne soit plus possible »
Cette passion pour le bitume se prolonge jusque dans son atelier. En mosaïque, Maria customise des casques sur lesquels elle recrée le logo de la firme de Milwaukee, des têtes de mort ou des motifs graphiques. Elle a même transposé les grands espaces américains sur ses œuvres, souvenirs de ses périples aux États-Unis. « Nous avons exploré les grands parcs, une partie de la Route 66 et la route du Blues, de la Nouvelle-Orléans à Nashville », raconte-t-elle.

Jusqu’à quand Maria se voit-elle chevaucher sa monture ? « Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible. Là, nous partons aux Baléares, puis au Portugal, avec d’autres bikeurs. Et puis, je suis grand-mère. Alors entre la moto, la mosaïque et les petits-enfants, mes journées sont bien occupées. » On la croit sans peine.













