Dans le quartier sensible de Bagatelle à Toulouse (Haute-Garonne), les fusillades nocturnes se succèdent depuis plusieurs semaines, installant un climat de tension permanent. On dénombre plusieurs blessés. Dès le petit matin, des guetteurs probablement liés au narcotrafic sont postés à la sortie du métro. À cela s’ajoute le silence pesant des rues et les traces visibles des violences récentes, l’atmosphère semble figée. Touchée par une fusillade ayant endommagé ses locaux, la CPAM du quartier a fermé ses portes depuis plusieurs mois, obligeant désormais les habitants à se rendre en centre-ville pour effectuer leurs démarches. Reportage sur place, dans cette ambiance inquiétante.
Alors que les fusillades nocturnes se multiplient presque chaque jour ces dernières semaines dans le quartier de Bagatelle, à Toulouse, l’atmosphère y est lourde dès les premières heures du matin. Symbole de ce climat tendu : la CPAM a dû fermer ses portes il y a plusieurs semaines en raison du contexte sécuritaire. Nous sommes allés sur place ce jeudi 28 mai.

Un quartier sous tension
Il est pourtant à peine 9 h 15 ce jeudi matin, mais l’ambiance est déjà pesante à Bagatelle. Comme figé après les violences des nuits précédentes, le quartier semble vivre au ralenti. Dès la sortie du métro, côté rue du Lot, plusieurs guetteurs sont postés en ligne le long de la crèche. Ils sont une dizaine de jeunes à observer attentivement les allées et venues.
En avançant dans la rue du Lot, le calme devient de plus en plus oppressant. Un silence étrange, presque lourd. La CPAM, installée dans cette rue, porte encore les stigmates des récentes fusillades : un impact de balle est visible sur l’une des vitres du bâtiment. L’agence est fermée. Seul un panneau mentionne cette fermeture au caractère « exceptionnel ».

Une CPAM fermée depuis plusieurs mois
Devant les locaux de la CPAM, deux habitants du quartier, souhaitant rester anonymes, acceptent de témoigner. « Ah oui, la CPAM est fermée depuis plusieurs semaines », explique un homme âgé. « Pas seulement quelques semaines, au moins depuis trois mois », corrige une habitante à l’accent portugais. « J’ai dû aller en centre-ville il y a quelques semaines pour faire mes démarches. Il y avait beaucoup de monde, mais on n’a pas le choix. Je crois que c’est à cause d’une bagarre qu’elle a fermé », ajoute la sexagénaire.
Un autre site devrait ouvrir
Contactée, la CPAM confirme que la fermeture fait suite à des violences survenues fin janvier : « Suite à une fusillade intervenue fin janvier, ayant endommagé ses locaux, la CPAM avait été contrainte de suspendre l’accueil de son agence de Bagatelle. La CPAM réaffirme sa volonté de maintenir un accueil dans les quartiers prioritaires de la ville. Une communication interviendra très prochainement concernant les modalités de réouverture d’un site d’accueil dans le quartier du Mirail. »
Les habitants de Bagatelle ne devraient donc bientôt plus être contraints de se rendre en centre-ville pour accéder aux services de l’Assurance maladie. Mais cette fermeture illustre aussi le climat de tension persistant dans le quartier, où la situation sécuritaire ne semble pas s’améliorer au fil des mois.













