D’un dénouement cruel à un changement de cycle, il n’y qu’un pas, ou plutôt deux semaines. Après l’élimination d’Albi en demi-finale de Nationale le 9 mai dernier face à Narbonne aux tirs au but, Jean-Pierre Faure, président du club, s’est confié sur les ambitions de son effectif. Nombreux départs, perturbations médiatiques, structure qui ouvre l’actionnariat aux supporters (une première en France dans le milieu professionnel)… le club se réinvente. Interview.
Jean-Pierre Faure, après avoir dominé le championnat de Nationale quasiment toute l’année, on vous imagine forcément déçu de l’issue finale… aux tirs au but.Bien sûr ! Jusqu’aux prolongations on y croyait forcément, même si on savait d’avance que ça serait serré. Puis quand Théo Dospital manque son coup de pied et que le Narbonnais le passe, on prend un coup derrière la tête. C’est cruel pour lui, c’est cruel pour le club, mais c’est ce qui fait la beauté du sport.
Justement, Théo Dospital a fait l’objet de messages injurieux, comment avez-vous géré la situation en interne ?En interne on n’avait pas trop de doute par rapport aux joueurs, concernant le soutien qu’ils allaient apporter à leur coéquipier. La cohésion c’est le ciment du groupe cette saison, et c’est ce qui nous a permis de réaliser ces performances. On a tenu à gérer la situation en interne en rassurant d’abord Théo Dospital. Et les vrais supporters ne l’ont jamais critiqué. Il n’y a que ceux qui n’y connaissent rien qui se permettent ce genre de comportement. Face à Nice, le match précédent, il plante trois essais, ce qui en dit long sur sa plus-value pour l’équipe.
Aujourd’hui, arrive-t-il à faire abstraction de cet évènement ?Théo est en vacances, comme l’ensemble de l’effectif jusqu’au 29 juin. Je pense que cela lui fait du bien de couper avec le rugby. C’est nécessaire pour passer à autre chose, et qu’il revienne un peu plus fort, comme il l’a été toute la saison. Un repas a été organisé entre les joueurs avant les départs en vacances, avec un voyage en Espagne le lendemain, il faisait partie du voyage.
Ce genre d’évènement fait aussi partie de l’apprentissage pour un groupe aussi jeune que celui du SC Albi…Bien sûr, la moyenne d’âge ne dépasse pas les 24 ans (23 ans et demi, NDLR). Je crois qu’ils ont très bien réagi après cette déconvenue. Encore une fois, l’état d’esprit de l’équipe a été sa force toute la saison. Ce loupé ne fera que renforcer les liens entre les joueurs.
Des départs et des arrivées
Justement, avec un effectif aussi inexpérimenté, vous attendiez-vous à réaliser une saison aussi aboutie ?Pas du tout ! En juin 2025, on était encore en train de chercher un staff pour la saison suivante. Après de nombreux échanges, nous avons alors convenu que Kevin Boulogne prendrait les rênes, associé à Florent Fourcade et Théo Siboul.
Kevin Boulogne, Florent Fourcade, vous avez fait confiance à des Albigeois pur souche…Effectivement, même si Kevin Boulogne ne s’est pas imposé tout de suite. Nous avions d’autres pistes à l’étude. Quand il a proposé son staff, le bureau en a discuté et il nous a semblé que c’était la meilleure option. A priori, on ne s’est pas trompé. Travailler avec des éléments locaux est vraiment au cœur de notre projet. Le partenariat avec Castres facilite cela.
De nombreux départs sont annoncés, on imagine donc que vous allez vous renforcer avec des joueurs du cru, et des clubs alentours…Oui, nous souhaitons travailler encore plus avec les clubs des environs, et recruter de jeunes joueurs. Sans en dire trop, je peux annoncer quatre ou cinq arrivées : Hugo Camacho (Béziers) viendra nous renforcer à la mêlée, et on est dans l’attente pour Arthur Diaz (Colomiers) au poste de numéro 9. Puis, des joueurs d’ici, partis un temps en région parisienne pour couvrir les postes de flankers…
Le SC Albi, un club du cru !
Recruter des talents locaux aide-t-il à remplir le Stadium ?On s’est aperçu, depuis quatre ou cinq matchs, que beaucoup de spectateurs des alentours d’Albi viennent voir le SCA jouer. C’est une bonne chose, et l’on veut poursuivre sur cette lancée la saison prochaine. On ne compte pas tout révolutionner d’une année à l’autre, mais le plus grand axe de travail sera de faire venir les gens du coin en améliorant cette structure.
À ce propos, certains de vos supporters ont pu entrer au capital du club, c’est un gain financier qui peut vous permettre de gonfler l’enveloppe transfert ?Effectivement, ils peuvent adhérer à une plateforme d’investissement, nommée Baltis, qui sera représentée au conseil d’administration du club. On estime un gain de 15 points sur l’enveloppe totale du club. Mais ce qu’on veut surtout, c’est fédérer le plus possible autour du club.
Nathan Heuillet












