Cinq ans, 630 000 visiteurs, et une collection romaine unique en Europe. Le musée narbonnais Narbo Via, fête son anniversaire et affiche un bilan plus que flatteur pour un équipement à 56 millions d’euros, qui a su trouver son public.
Narbonne était la capitale de la Gaule romaine bien avant que Toulouse ou Bordeaux n’existent. Pourtant, il aura fallu attendre 2021 pour que la ville se dote d’un musée à la hauteur de ce passé. Narbo Via fête ses cinq ans, et affiche un bilan satisfaisant.
Un anniversaire placé sous le signe de l’art contemporain
Pour ses cinq ans, Narbo Via ne s’est pas contenté de souffler les bougies en coulisses. Depuis le 19 mai, l’artiste et designeuse franco-chinoise Jiang Qiong Er a investi les collections permanentes avec “Le Souffle du temps“, un parcours d’art contemporain conçu spécialement pour le musée. Ses œuvres dialoguent avec l’univers antique en convoquant mythologies et symboles issus de différentes civilisations. 12 créatures mythiques incarnant des valeurs universelles comme la sagesse ou la fraternité créent ainsi des passerelles entre cultures anciennes et imaginaires contemporains.
5 ans… mais quel bilan pour le musée Narbo Via ?
« Depuis son ouverture en mai 2021, Narbo Via a accueilli 630 000 visiteurs », affirme Valérie Brousselle, directrice générale du musée. Un chiffre solide, même si la fréquentation a connu quelques variations. L’année d’ouverture avait attiré 103 000 curieux. Un démarrage remarqué pour un équipement tout juste lancé.
Le pic a été atteint en 2023 avec 139 000 entrées, l’année où a été mise en place l’exposition “Narbo Martius, renaissance d’une capitale”, qui a rencontré un vif succès. Avant que les deux dernières années ne s’établissent autour de 120 000 et 127 000 visiteurs. Un léger recul que la directrice attribue sans détour : « Les chaleurs et les épisodes de canicule pèsent sur la fréquentation estivale. »
Musée Narbo Via : un projet né d’une ambition régionale à l’encrage local
L’idée d’un nouveau musée archéologique à Narbonne remonte à 2010, sous l’impulsion de l’ancienne région Languedoc-Roussillon et de son président Georges Frêche, ainsi que de la Commission archéologique de Narbonne. C’est l’agence britannique Foster + Partners qui a été retenue lors du concours d’architecture lancé par la Région Occitanie pour concevoir le bâtiment. Après plusieurs années de chantier, le musée a obtenu l’appellation “musée de France”, attribuée par le ministère de la Culture dès son ouverture.
Et lorsque l’on interroge Valérie Brousselle sur le futur du musée, elle parle naturellement de recherche archéologique, au cœur du projet. A ce titre, des liens étroits ont été tissés avec le CNRS, l’INRAP et les universités. À deux pas du bâtiment, une fouille préventive est d’ailleurs menée par l’INRAP, sur la ZAC des Berges de la Robine, où les chercheurs explorent une vaste nécropole, particulièrement bien conservée.
Les vestiges mis au jour alimenteront les études anthropologiques, les analyses de mobilier et les études de sédiments, dont les résultats seront progressivement présentés au public, via le musée. La directrice ajoute : « Cette fouille nous permet de mieux connaitre le rapport à la mort dans l’Antiquité. On a découvert des vestiges de banquets dans la nécropole, ce qui nous permet d’avancer qu’à l’époque, on festoyait autour des défunts ! »









