EXCLUSIF. Le marché du Capitole à Toulouse est secoué par des accusations de commerçants dénonçant des passe-droits d’emplacement et des intimidations depuis 2020. Face à ces dysfonctionnements et au non-respect du règlement municipal, le nouvel adjoint aux marchés, Guillaume Duval, a annoncé l’ouverture d’une investigation interne. La Dépêche vous dévoile les dessous de cette sombre affaire.
Au marché du Capitole, derrière les étals, le climat devient pesant pour certains commerçants. Plusieurs vendeurs dénoncent « des dysfonctionnements graves » ainsi que « des pratiques d’intimidation » qui dureraient depuis 2020.
Des absences de plusieurs mois
Au cœur des accusations : le non-respect du règlement municipal des marchés. Selon plusieurs commerçants interrogés, certains vendeurs conserveraient leur emplacement malgré de longues absences, parfois de cinq ou six mois. Or, le règlement prévoit qu’au-delà de deux mois et un jour d’absence injustifiée, la place doit être retirée.
« Ça fait des années que ça dure », assure Joachim Tebbal, présent sur le marché depuis quinze ans. Désormais à son compte, il affirme que plusieurs courriers ont été envoyés à la mairie depuis 2020 sans réponse. Selon lui, le problème concernerait à la fois des commerçants « fixes », titulaires d’un emplacement permanent, et des « volants », qui occupent les places laissées libres.
« Ils se mettent autour du stand pour leur faire peur »
Plus grave encore, certains dénoncent un climat d’intimidation envers les nouveaux arrivants. Une commerçante, qui témoigne anonymement, raconte avoir dû quitter son emplacement après l’intervention d’un groupe de vendeurs opposés à son installation. « Le placier m’avait donné la place. Quelques minutes plus tard, on m’a dit que je ne pouvais pas rester parce que certains commerçants étaient contre », explique-t-elle. Elle affirme également qu’un délégué lui aurait lancé : « Ne reviens jamais. »
Les commerçants dénoncent des regroupements organisés avant l’arrivée des placiers afin de dissuader les nouveaux commerçants de déballer leur marchandise. « Ils se mettent autour du stand pour leur faire peur », accuse Joachim.
La mairie lance des investigations
Contacté, l’adjoint au maire chargé des marchés, Guillaume Duval, récemment nommé à cette délégation, dit découvrir le dossier. « Je prends ces signalements au sérieux », assure-t-il. L’élu rappelle que Toulouse compte « 50 marchés et près de 2 000 commerçants non sédentaires », tout en soulignant que les accusations portent principalement sur le marché du Capitole.
« Le règlement de 2019 a vocation à être appliqué », insiste-t-il, tout en appelant à investiguer avant de tirer des conclusions. Guillaume Duval explique travailler avec les placiers, les représentants des commerçants et les syndicats de marchés afin d’examiner les situations signalées. « À toute situation, il faut un délai de traitement », ajoute-t-il.









