La mort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée dans le Gers, a poussé de 2 000 personnes à se rassembler ce lundi devant le palais de justice de Toulouse pour dénoncer les défaillances dans la protection de l’enfance et réclamer des moyens pour lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs.
Près de 2000 personnes se sont rassemblées ce lundi 8 juin 2026 en fin de journée devant le palais de justice de Toulouse. Un rassemblement en mémoire de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte vendredi dans le Gers , près de Fleurance.
Le principal suspect est en détention provisoire. Un homme de 41 ans déjà visé par plusieurs plaintes ou signalements pour violences sexuelles, sans jamais avoir été entendu par des enquêteurs. Des rassemblements ont eu lieu devant les tribunaux de plus de 150 villes de France, à l’appel d’associations féministes et de protection de l’enfance comme NousToutes, la Fondation des femmes ou Face à l’inceste.
L’émotion et la colère
À Toulouse, il y a eu des cris, des larmes, et beaucoup d’émotion. De nombreux manifestants ont spontanément pris la parole pendant le rassemblement. Stéphanie a tenu à participer au rassemblement : « Je suis en colère parce que ce qui est arrivé à Lyhanna et à d’autres enfants, aurait pu être évité. La protection de l’humain et des enfants n’est pas la priorité du gouvernement. Ils vont protéger les banques, ils vont protéger tout ce qui est matériel, mais pas l’humain. C’est rageant. »
« Combien de vies ont été sacrifiées ? »
Delphine, venue au rassemblement avec son mari et ses deux enfants, a eu du mal à contenir son émotion : « Il y a une forme de saturation. Le problème est systémique, ça dure depuis trop longtemps et il ne se passe pas grand-chose. Mes enfants ont été épargnés, fort heureusement. Mais en France, dans chaque classe, ont sait qu’en moyenne trois enfants ont été violés ou agressés sexuellement. Cela veut dire que mes enfants ont connu, depuis qu’ils sont en maternelle, des dizaines de camarades qui sont violés. Et on ne fait rien. Donc on finit, par avoir des drames comme celui qui s’est passé avec Lyhanna. Cela fait longtemps qu’on dit que trop c’est trop, que les associations le disent. La justice fait son travail du mieux qu’elle peut. Le gros problème, ce sont nos politiques qui ne donnent pas les moyens, qui ne mettent rien en œuvre. J’espère que notre président et le gouvernement vont entendre nos cris prendre les mesures nécessaires maintenant. Pas dans six mois, pas dans un an : maintenant. »
Lisa a pris la parole au milieu de la foule** pour hurler sa colère : « Je suis soignante à l’hôpital. J’ai travaillé en pédiatrie. Combien d’enfants ont été violés ? J’en ai vu et revu. Combien de vies ont été sacrifiées ? Combien d’enfants se sont suicidés à cause de ça ? Stop ! Ça suffit ! »
Ben a également pris la parole : « Je demande aux magistrats de sortir de leurs bureaux et de venir rendre des comptes au peuple français. Je veux qu’ils nous expliquent comment une fille de 11 ans a pu être massacrée par un pédocriminel connu de la justice . Ce serait la moindre des choses de venir nous expliquer comment c’est possible. »
Pour Victoria, très émue, « Il faut vraiment que les Français récupèrent du pouvoir sur la protection de leurs enfants et qu’on fasse entendre le fait que c’est insupportable. Parce qu’une civilisation qui ne protège pas ses enfants, c’est une civilisation malade. Et il est temps que ça cesse. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












