Une semaine après les violences qui ont éclaté dans les rues de Toulouse lors des célébrations du sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, Jean-Luc Moudenc hausse le ton. Le maire de Toulouse estime que « l’impunité des casseurs doit cesser » et avance plusieurs pistes pour éviter de nouveaux débordements à l’approche de la Coupe du monde.
La fête a rapidement laissé place aux dégradations. Le 31 mai dernier, alors que des milliers de supporters célébraient la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, plusieurs incidents ont éclaté dans le centre-ville de Toulouse. Une semaine plus tard, le maire Jean-Luc Moudenc dresse le bilan et appelle à des mesures plus fermes contre les auteurs de violences. Selon la municipalité, les dégâts causés au mobilier urbain et aux équipements publics représentent déjà près de 45 000 euros de réparations.
Des véhicules incendiés et du mobilier urbain détruit
Le bilan communiqué par la Ville fait état de nombreuses dégradations. Quatre cyclomoteurs en libre-service ont été détruits par incendie dans différents secteurs du centre-ville. Un totem publicitaire et un abribus ont également été vandalisés.
Le bibliobus installé place de la Légion d’Honneur a subi des dégradations tandis que deux véhicules appartenant à des particuliers ont été endommagés. Huit conteneurs à déchets ont aussi été incendiés au cours de la soirée. Au total, la municipalité évalue le coût des réparations à environ 45 000 euros.
Dix-huit interpellations
Face aux débordements, un important dispositif de sécurité avait été déployé dans le centre-ville. Les forces de l’ordre ont procédé à 18 interpellations, dont plusieurs concernaient des mineurs. La police municipale est intervenue à six reprises pour des faits de dégradations ou liés à l’utilisation de mortiers d’artifice.
Trois agents ont par ailleurs été blessés lors des opérations de maintien de l’ordre. Selon la Ville, près de 250 grenades lacrymogènes ont été utilisées pour contenir les incidents.
Jean-Luc Moudenc réclame davantage de fermeté
Dans un communiqué diffusé le 8 juin, le maire de Toulouse estime que les scènes observées après la victoire du PSG ne doivent plus se reproduire. « L’impunité des casseurs doit cesser », affirme-t-il. L’élu estime que les célébrations sportives ne doivent pas devenir le prétexte à des violences urbaines et appelle à renforcer les outils permettant de sanctionner les auteurs de dégradations.
Parmi les pistes avancées figure notamment le développement des travaux d’intérêt général pour permettre aux responsables des dégradations de participer eux-mêmes à la réparation des dommages causés.
Faire payer les dégâts aux auteurs
Jean-Luc Moudenc défend également le principe d’une responsabilisation financière des auteurs des dégradations. Selon lui, les personnes qui détruisent du mobilier urbain, incendient des véhicules ou dégradent des équipements publics doivent contribuer directement à leur remise en état.
Le maire évoque également la question des mineurs impliqués dans les violences et estime qu’une réflexion doit être menée sur la responsabilité des familles lorsque de tels faits sont commis.
Des inquiétudes avant la Coupe du monde
Cette prise de position intervient alors que la Coupe du monde débute le 11 juin. Pour Jean-Luc Moudenc, les violences observées après certaines grandes compétitions sportives imposent d’anticiper d’éventuels débordements.
L’élu estime que les pouvoirs publics doivent tirer les enseignements des événements récents afin d’éviter que les scènes observées dans plusieurs villes françaises ne se reproduisent au cours des prochaines semaines. « Le temps des constats est terminé. Celui des décisions doit commencer », affirme-t-il.
Une question qui dépasse Toulouse
Le débat dépasse largement le cadre toulousain. Partout en France, les violences qui accompagnent parfois les célébrations sportives suscitent des interrogations sur les moyens à disposition des collectivités et des forces de l’ordre.
Selon une enquête Elabe réalisée pour BFM TV citée par Jean-Luc Moudenc, plus d’un Français sur deux affirme avoir déjà renoncé à participer à une célébration populaire par crainte de débordements ou de violences. Un constat qui nourrit aujourd’hui les appels à une réponse plus ferme contre les auteurs de dégradations lors des grands rassemblements festifs.













