Retrouver un emploi ne dépend plus uniquement d’un CV ou d’une offre d’embauche. Dans le Tarn, près d’un bénéficiaire du RSA sur deux déclare faire face à au moins un obstacle important dans son parcours. Mobilité, santé, logement ou encore garde d’enfants : autant de difficultés qui compliquent aujourd’hui l’accès à l’emploi.
Trouver un travail est parfois la partie visible de l’iceberg. Derrière les statistiques du chômage se cachent souvent des situations beaucoup plus complexes. C’est le constat dressé par le Département du Tarn, qui a réuni ce 4 juin à Giroussens les acteurs de l’insertion, de l’emploi, les collectivités et plusieurs associations afin de réfléchir aux difficultés rencontrées par les personnes éloignées du marché du travail. Car aujourd’hui, décrocher un emploi ne dépend plus seulement des compétences ou de la motivation.
Plus de 9 000 bénéficiaires du RSA dans le Tarn
Le département compte actuellement 396 170 habitants, dont 171 300 actifs. Parmi eux, 9 410 personnes perçoivent le RSA. Dans le même temps, 33 720 demandeurs d’emploi sont inscrits auprès de France Travail. Derrière ces chiffres se dessine une réalité plus complexe que celle du simple chômage.
Les données présentées par le Département du Tarn montrent qu’environ un bénéficiaire du RSA sur deux rencontre au moins un frein périphérique à l’emploi. Autrement dit, même lorsqu’une opportunité professionnelle existe, d’autres difficultés peuvent empêcher un retour durable à l’activité.
Quand le problème n’est pas seulement le travail
Longtemps, les politiques d’insertion se sont principalement concentrées sur l’accès à l’emploi. Aujourd’hui, les professionnels du secteur constatent que les obstacles sont souvent ailleurs. L’absence de moyen de transport, des problèmes de santé, des difficultés administratives, un logement instable, l’isolement social ou encore l’absence de solution de garde pour les enfants peuvent rendre très difficile l’accès à un poste.
Dans certains territoires ruraux, parcourir plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour sans véhicule personnel devient un obstacle quasiment insurmontable. Pour d’autres personnes, la santé mentale ou la perte de confiance en soi constituent des freins tout aussi importants. « Les difficultés d’accès à l’emploi dépassent largement le seul cadre professionnel », rappelle Christophe Ramond, président du Conseil départemental du Tarn.
Les jeunes également concernés
Contrairement aux idées reçues, ces difficultés touchent aussi les plus jeunes. Parmi les demandeurs d’emploi recensés dans le département, près de 18 % ont moins de 26 ans. Une partie d’entre eux se retrouve confrontée à plusieurs problématiques simultanément : manque de qualification, mobilité limitée, précarité financière ou difficultés d’accès au logement.
Cette accumulation de freins rend souvent les parcours plus fragiles et plus longs. Les ruptures peuvent alors s’enchaîner : abandon d’une formation, perte d’un emploi, difficultés administratives ou renoncement à certaines démarches.
Une nouvelle stratégie jusqu’en 2028
Face à ce constat, le Département prépare son futur Pacte Territorial d’Insertion 2026-2028. L’objectif est de proposer un accompagnement plus global et plus personnalisé. La particularité de ce futur dispositif est qu’il ne s’adressera pas uniquement aux bénéficiaires du RSA, mais à l’ensemble des personnes confrontées à des difficultés d’insertion.
L’idée consiste à mieux coordonner les différents acteurs intervenant autour d’une même personne : services sociaux, structures d’insertion, organismes de formation, missions locales, entreprises, associations ou encore collectivités. L’enjeu est d’éviter que certains publics se retrouvent perdus dans un parcours administratif complexe ou passent entre les mailles du filet.
Santé, logement et mobilité au cœur des priorités
Parmi les axes de travail identifiés, la santé psychosociale occupe désormais une place centrale. Les professionnels observent une augmentation des situations de fragilité psychologique qui compliquent durablement les démarches de retour à l’emploi.
La mobilité constitue également un enjeu majeur, notamment dans les secteurs ruraux du département. Le logement, l’accès aux droits ou encore l’accompagnement social figurent aussi parmi les priorités affichées. L’objectif est simple : considérer la personne dans sa globalité plutôt que de limiter l’accompagnement à la seule recherche d’emploi.
Une réalité qui dépasse le Tarn
Les difficultés observées dans le Tarn reflètent une évolution plus large constatée dans de nombreux territoires français. Les parcours deviennent plus complexes, les situations plus diverses et les obstacles souvent multiples.
Pour les acteurs de l’insertion, l’enjeu n’est donc plus uniquement de permettre à quelqu’un de retrouver un emploi, mais de créer les conditions pour qu’il puisse durablement s’y maintenir. Un défi qui dépasse largement le simple marché du travail et qui touche désormais à la santé, au logement, à la mobilité ou encore au lien social.



















