L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une proposition de loi portée par Arnaud Simion, député de Haute-Garonne. Objectif : mieux repérer et accompagner les agriculteurs confrontés à l’épuisement, à l’isolement ou à la détresse psychologique, alors que le mal-être agricole demeure un sujet majeur dans les campagnes françaises.
Pour de nombreux agriculteurs, les difficultés ne s’arrêtent pas à la porte de l’exploitation. Pression économique, endettement, surcharge administrative, crises climatiques à répétition, solitude ou encore manque de solutions de remplacement : les facteurs de fragilité sont nombreux. Face à cette réalité, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une proposition de loi portée par Arnaud Simion, député de la 10e circonscription de Haute-Garonne. Le texte vise à renforcer la prévention du mal-être et du risque suicidaire dans le monde agricole.
Une réponse à une détresse qui dépasse les seules difficultés économiques
Le mal-être agricole est devenu un sujet de préoccupation croissant ces dernières années. Si les difficultés financières restent souvent au cœur des inquiétudes, elles ne sont qu’une partie du problème. De nombreux professionnels du secteur évoquent également la fatigue chronique, l’isolement, les contraintes administratives, l’absence de temps de repos ou encore le sentiment d’être incompris.
Pour Arnaud Simion, cette souffrance ne peut être réduite à une simple fragilité individuelle. « Ce vote unanime honore l’Assemblée nationale. Il dit à celles et ceux qui souffrent parfois en silence qu’ils ne sont pas seuls et que la République les voit », a déclaré le député de Haute-Garonne après l’adoption du texte.
Trois mesures principales
La proposition de loi repose sur trois axes majeurs. Premier objectif : renforcer le réseau des « sentinelles agricoles ». Ces personnes formées au repérage des situations de détresse peuvent être des professionnels de terrain, des élus, des techniciens ou encore des acteurs du monde agricole capables d’identifier les premiers signes de souffrance et d’orienter les personnes concernées vers les bons interlocuteurs.
Deuxième mesure : la création d’un guichet départemental unique. Placé sous l’autorité de l’État, il devra faciliter les démarches des agriculteurs en difficulté et coordonner les différents acteurs de l’accompagnement. Enfin, une mission nationale sera chargée de suivre, coordonner et évaluer la stratégie de prévention du mal-être agricole sur l’ensemble du territoire.
Un droit au répit renforcé
Le texte prévoit également une mesure concrète attendue par plusieurs organisations agricoles. Les situations de souffrance psychique pourront désormais ouvrir droit au crédit d’impôt remplacement. Concrètement, un exploitant confronté à une détresse psychologique pourra plus facilement bénéficier d’un remplacement temporaire afin de souffler sans mettre immédiatement en péril l’activité de son exploitation.
Une mesure qui vise à lever un frein souvent évoqué par les agriculteurs : la difficulté à s’arrêter lorsqu’ils traversent une période particulièrement compliquée.
Des acteurs de terrain déjà mobilisés
La proposition de loi s’appuie également sur le travail réalisé depuis plusieurs années par de nombreuses structures. La Mutualité sociale agricole (MSA), les associations comme Solidarité Paysans, les chambres d’agriculture, les vétérinaires, les comptables, les élus locaux ou encore les professionnels de santé sont souvent les premiers à détecter des situations d’épuisement ou d’isolement.
Le texte vise à mieux coordonner ces différents acteurs afin d’éviter que certaines personnes ne passent entre les mailles du filet. « Quand une agricultrice, un agriculteur, un salarié agricole ou une famille est en détresse, il ne doit pas avoir à chercher seul la bonne porte », souligne Arnaud Simion.
Une étape avant le Sénat
L’adoption à l’unanimité à l’Assemblée nationale constitue une première victoire pour le député haut-garonnais. Le texte doit désormais poursuivre son parcours parlementaire au Sénat avant une éventuelle adoption définitive.
Si cette proposition de loi ne prétend pas résoudre à elle seule toutes les difficultés du monde agricole, ses soutiens espèrent qu’elle permettra de mieux repérer les situations à risque et d’apporter des réponses plus rapides aux personnes en souffrance. Un enjeu qui dépasse les clivages politiques, comme en témoigne le vote unanime des députés.












