Sa violence latente consume Sébastien depuis la moitié de sa vie. Début 2026, il a frappé sa compagne et provoqué les policiers qui venaient à son secours. Plongée dans les méandres d’une addiction à l’alcool et d’une relation de couple toxique, à la barre du tribunal correctionnel de Toulouse.
« C’est un con, donc il m’insulte tout le temps. Au lieu de payer son loyer, il s’achète des 8.6. » Si Sébastien et sa compagne sont toujours amoureux, l’amour vache ne rôde jamais très loin. Me Jean Balbo tranche dans le vif. « C’est une relation particulièrement toxique. »
« Allez chercher le bélier ! »
Le quadragénaire comparaît détenu devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Le 5 janvier, sous l’emprise de l’alcool – une « pathologie » chez lui – il a frappé sa compagne de 37 ans au visage (cinq jours d’incapacité légale). Elle voulait retirer sa plainte et ne se constitue pas partie civile. « Un grand classique », soupire le président, rompu au sentiment de culpabilité latent des femmes battues.
Quand la police est arrivée à l’appartement, Sébastien a refusé d’ouvrir. Et interdit à la victime de le faire. « Allez chercher le bélier ! », a-t-il conseillé aux forces de l’ordre avant de se raviser. Il admet les violences – « je sais comment je peux être » – mais a zappé l’épisode policier. Il avait 2 g dans le sang. Trois-quatre litres de bière. « Et un bon verre de whisky ».
L’alcool ? « Un gouffre »
Le quadragénaire a trouvé la force de caractère pour se sortir de la rue. « J’étais SDF à une période. » Mais les cinq condamnations pour violences inscrites à son casier font tiquer la procureure. « Je travaille dessus depuis vingt ans. J’ai vu des psychologues, je fréquente un groupe de parole. Je ne réussis pas toujours à me canaliser. » L’alcool est sa béquille. Une addiction. « Un gouffre ».
L’absente en prend pour son grade. « Elle m’a sali, trahi, menti, volé. Elle ne m’a jamais apporté rien de bon dans ma vie. » Lorsqu’il a été placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire, c’est elle qui est venue le relancer. Comme il lui était alors interdit de la fréquenter, le juge des libertés a placé Sébastien en détention jusqu’à son procès.
Le sevrage commence
« Il ne vous prend pas pour des imbéciles, il vous respecte, ne s’énerve pas, accepte. Mais sa vie ne se résume pas à ces épisodes de violence », contextualise son avocat, Me Jean Balbo. Titulaire d’un CAP maçonnerie, Sébastien s’enorgueillit de son savoir-faire dans le Bâtiment.
L’origine de la dispute ce soir-là ? Une histoire de paquet de tabac. « Futile », soupire le président. Aux deux ans ferme requis par le parquet pour ces violences aggravées, le tribunal a préféré opter pour une peine mixte : un an ferme et six mois avec sursis probatoire, obligation de travail et de soins. Et interdiction de fréquenter la victime pendant trois ans, avec maintien en détention. Le sevrage commence maintenant.











