Après un hiver exceptionnellement pluvieux, l’Aude connaît une dégradation rapide de l’état de ses sols à cause d’un printemps chaud et sec. Plusieurs secteurs viennent d’être placés en vigilance pour préserver la ressource en eau avant l’été.
L’Aude fait face à une situation hydrologique contrastée. Après une recharge en eau hivernale inédite depuis 30 ans, le département subit déjà une forte sécheresse des sols à la suite d’un printemps exceptionnellement chaud et sec. L’été n’a pourtant pas encore commencé.
Réuni le 4 juin, le premier comité de gestion de l’eau de la saison a dressé un constat préoccupant. L’ensemble du territoire est concerné, avec une situation plus marquée dans l’Ouest, selon la préfecture.
Un printemps qui a effacé les bénéfices de l’hiver
Pourtant, l’hiver 2025-2026 a été particulièrement favorable. Les cumuls de pluie ont dépassé les normales de 24% à 86%, selon les secteurs. La recharge des ressources en eau est même qualifiée d’historique. « Du jamais vu depuis trente ans », précisent les services de l’État.
Mais la situation s’est rapidement inversée. Entre mars et mai, le département a enregistré un déficit de précipitations d’environ 27%. À cela se sont ajoutées des températures anormalement élevées en avril, puis une vague de chaleur en mai.
Cette combinaison a provoqué une chute rapide de l’humidité des sols. Elle a atteint son niveau le plus faible depuis 20 ans pour cette période de l’année.
Sécheresse : des cours d’eau sous surveillance
Les nappes souterraines restent globalement dans une situation favorable. Les barrages bénéficient également d’un niveau de remplissage satisfaisant grâce aux pluies hivernales et à l’enneigement important des Pyrénées.
En revanche, plusieurs cours d’eau enregistrent une baisse marquée de leur débit. Les affluents situés en rive gauche de l’Aude, comme le Fresquel, l’Orbiel, la Cesse et l’Argent-Double, sont particulièrement touchés. Ils sont à des niveaux inférieurs à l’an dernier. Les débits observés sur l’Aude à Moussoulens oscillent également autour du seuil de vigilance.
Plusieurs secteurs placés en “vigilance”
La préfecture a placé le secteur Aude amont hors axe réalimenté en “vigilance”. Le bassin versant de l’Agly est lui aussi concerné, en coordination avec les Pyrénées-Orientales.
Ce niveau n’entraîne pas de restriction d’usage de l’eau. Il vise toutefois à sensibiliser les particuliers, les collectivités et les professionnels afin d’éviter une aggravation de la situation et de repousser d’éventuelles mesures plus contraignantes au cours de l’été.


















